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Habituer le jeune cheval à sa première embouchure

Articles >  Disciplines équestres



La toute première mise de l'embouchure est une étape-clé du débourrage. Elle symbolise l'entrée du poulain dans la cour des « grands », et permet d'accéder à une première approche des aides proprement dites, après un travail à la longe effectué uniquement sur le caveçon. Cette première mise de l'embouchure doit être faite avec tout le tact voulu.
La bouche du cheval est sensible, probablement autant que la nôtre. Si en mettant un mors dans la bouche du poulain pour la première fois, nous agissons directement comme sur un cheval éduqué, nous risquons d’aller au devant de certains problèmes. Comment peut-il comprendre ce que l’on attend de lui ?  Dans un premier temps, nous habituerons le jeune cheval à ce corps étranger avant de faire la moindre action. Voici comment je procède : je choisis tout d’abord un gros mors pour empêcher le poulain de passer sa langue. Le mors en caoutchouc, moins froid et moins dur que le métal, est mieux accepté. Les anciens préconisaient de badigeonner le mors avec du miel (« goûter le mors »).


La première approche à la longe

Le jeune cheval est longé avec un caveçon léger et précis. Je ne longe bien sûr jamais sur le filet : j’utilise un caveçon léger et fin (je me fournis au Portugal) car les gros caveçons lourds et épais manquent de précision.
Lorsque le cheval a accepté l’embouchure, je pose le caveçon par-dessus le filet, la longe étant toujours fixée au caveçon et non à l’embouchure.
Quand le cheval est habitué à bien fonctionner à la longe avec le filet (sur lequel on n’agit pas) et avec la selle, qu’il connaît toutes les indications du longeur pour marcher au pas, au trot et au galop, tourner et s’arrêter, il découvrira le poids du cavalier, et sera longé avec ce dernier dans les mêmes conditions.


Longer sur le caveçon avant d'utiliser la muserolle allemande.

« Longer avec le cavalier, mais sans le filet »

Toutefois, avec certains chevaux, la mise du filet n’interviendra qu’après. En effet, il est essentiel, dès l’instant où un cheval est monté, qu’il manifeste franchement son désir de se porter en avant, malgé le poids du cavalier, et qu’il n’y ait aucune entrave à l’impulsion donnée par le longeur. Chez les chevaux ayant beaucoup s’influx nerveux, cette impulsion est le plus souvent naturelle, mais il est essentiel de la conserver. Chez d’autres, plus froids, il faut la créer et ne surtout pas l’étiendre avec la main. C’est pourquoi, je préfère bien souvent longer le cheval en caveçon, avec la selle et le cavalier, mais sans le filet. Celui-ci ne sera alors mis qu’en dernier lieu.


Le cheval est longé, la cavalière tiens les rênes de la muserolle allemande.

La muserolle : une étape intermédiaire

La deuxième étape consistera à apprendre au jeune cheval à répondre aux indications de la main. En équitation, le plus important étant l’impulsion, c’est au débourrage que le désir de se porter en avant doit être créé. ll faut donc bannir tout ce qui pourrait l’entraver. Pour cette raison, je préfère ne pas agir tout de suite sur le mors. Je choisis une muserolle allemande, possèdant un petit anneau de chaque côté, sur lequel je fixe une paire de rênes. Une seconde paire de rênes est fixée sur le mors de filet. Le cavalier tient celles-ci comme une bride : les rênes fixées sur la muserolle remplacent les rênes de filet et celles fixées sur le mors remplacent celles de la bride. Les rênes du mors sont moins ajustées que les rênes de la muserolle.


« La muserolle allemande n’agit pas de la même manière qu’un caveçon »

Ce système de la muserolle allemande est basé sur le même principe que celui du caveçon, mais n’agit pas du tout de la même manière, car la muserolle allemande est placée plus bas et agit sur le bout du nez et non sur le chanfrein (ce qui avec le caveçon, incite parfois le cheval à lever la tête). En outre, avec la muserolle, les rènes sont attachées vraiment sur les côtés, presque comme avec un mors, alors qu’avec le caveçon, elles sont fixées sur des anneaux latéraux placés sur le dessus.
La muserolle peut réaliser presque une action directe en amenant le bout du nez de côté ce qui n’est pas possible avec le caveçon.

L’aide de l’ensemble du corps

Le cavalier associe ensuite progressivement les jambes et la cravache aux indications du longeur. Je préconise de commencer par les aides qui propulsent, toujours dans le soucis de ne pas entraver l’impulsion.
  Pour les changements de direction, lorsque le cavalier associe sa demande à celle du longeur. il est important qu’il agisse avec son buste. Par exemple à main gauche : au moment où le longeur demande au cheval de tourner à gauche, le cavalier avance son assiette et sa ceinture en basculant le haut du buste en arrière tout en tournant ses épaules et son regard vers la gauche, écartant sa main gauche en rêne d’ouverture, sans tirer et même au besoin en « poussant » avec la cravache du même côté. Le cheval va alors apprendre à tourner en engageant son postérieur interne sans se coucher. La rêne agit sur la muserolle en amenant le bout du nez du côté où l’on veut tourner, action très proche de celle du filet et plus précise que celle qu’on obtiendrait avec un licol ou un caveçon, comme certains le pratiquent Pour ralentir ou arrêter, le cavalier ne se sert pas encore des rênes, il se sert de la voix et de l’action du buste, en association avec les ordres du longeur.


Le cheval est lâché, conduit par un contact léger sur les rênes de la muserolle.

« Pour ralentir ou arrêter, le cavalier ne se sert pas encore des rênes »

A l’étape suivante, le cheval n’est plus en longe. C’est ici que va se faire progressivement la transition de la muserolle au mors de filet. Il y a deux sortes de chevaux, ceux qui ont tendance, pour se défendre, à forcer la main et à s’appuyer et ceux qui se mettent plutôt en arrière de la main. Il faut que le cheval tende ses rênes sans peser à la main. Si le cheval est léger et au bout des rênes, le cavalier prend le contact sur le mors, mais si le cheval s’appuie ou s’il se met en arrière de la main, le cavalier reprend immédiatement les rênes de muserolle et ce jusqu’à l’obtention d’un contact franc et léger. Avec cette progression, on a toutes les chances d’avoir un cheval confiant ds la main, dans l’impulsion et léger.

Dany Lahaye, écuyère. 

Photos : collection Dany Lahaye, Pauline Guicheney

Chevaux et Poneys magazine

Article publié le 04/02/2009 par chevauxetponeys


 






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