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Garnir dans un attelage à un
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Attelage
D'une bonne mise en oeuvre du harnais dépend la sécurité de l'attelage. Les opérations doivent s'effectuer toujours dans le même ordre, celui-ci étant dicté par les impératifs de la logique et de la sécurité.
Il n’est pas très conseillé de garnir le cheval au box Il est plus logique de garnir le cheval attaché dans la cour ou la travée.
En effet, l’éclairage au box n’est pas toujours suffisant pour que l’on soit sûr de tout bien mettre en œuvre. D’autre part, étant donné l’encombrement du harnais et la multiplicité des pièces qui le composent, il y a toujours un risque de voir s’accrocher un élément lors du passage de la porte, surtout si le cheval a des œillères, ce qui peut fausser son appréciation (mais bien sûr, on peut aussi garnir au box si l’on ne met la bride qu’après avoir sorti le cheval).
Prévoyez un licol suffisamment grand pour qu’il puisse être placé au dessus la bride lorsque le cheval, déjà bridé, est en attente.
Facilitez-vous la vie !
Commencez par rassembler tout le harnais sur une « servante » (mobile) que vous amènerez à l’endroit où vous vous installerez pour garnir.
Il est bon que le harnais ait été préalablement réglé pour convenir à la fois au gabarit du cheval et à l’usage de la voiture concernée.
« Le harnais doit aussi être préparé de manière à faciliter la rapidité et la sécurité des opérations »
Si le harnais a été nettoyé, il doit avoir été entièrement remonté et vérifié : les pièces qui ont séché ouvertes doivent être rebouclées pour que vous puissiez les transporter et les mettre en place sans qu’elles traînent à terre. Il faut vérifier que rien ne manque et que les divers ajustements n’aient pas été modifiés.
Le harnais doit aussi être préparé de manière à faciliter la rapidité et la sécurité des opérations : les courroies de reculement seront repliées et refermées sur leurs anneaux afin d’éviter qu’elle ne traînent à terre au moment de garnir ; il est bon de les nouer ou de les lover sur elles-mêmes. Les guides doivent être ouvertes. Certains préconisent de les boucler afin de mieux les saisir en cas de nécessité.
Il est préférable que le bouclage des guides se fasse avant de les passer dans les clefs.
Avec un harnais à collier
Commencez par boucler le licol autour de l’encolure pour que votre cheval puisse rester attaché.
Tenez le collier à l’envers, la partie la plus large dirigée vers le haut. Passez-le par dessus les oreilles du cheval, et une fois au niveau des épaules, faites-lui faire 180° sur lui-même pour le mettre dans le bon sens.
Pensez à le faire pivoter dans le sens de tombée de la crinière, pour ne pas ébouriffer inutilement cette dernière. Vous pouvez maintenant remettre le licol normalement.
Mettez en place la sellette, et bouclez d’emblée la sangle pour éviter que la sellette ne tombe si le cheval venait à bouger. N’oubliez pas que la sellette se pose assez en arrière, au creux du dos, environ une main en arrière du garrot.
Placez l’appareil de reculement sur la croupe : étalez la croupière et débouclez le culeron ; disposez l’avaloire en répartissant les barres de fesse à droite et à gauche de façon symétrique.
Passez le culeron sous le couard et bouclez-le en veillant à ne pas emprisonner de crins, ce qui entraînerait un inconfort, un risque de blessures, voire des réactions violentes.
Terminez le sanglage, qui reste modéré (on sangle moins que pour une selle de cavalier). Avec une voiture à deux roues, le réglage de la sous-ventrière doit permettre une certaine liberté des brancards. Avec une quatre-roues, la sous-ventrière doit être fortement serrée, de façon à que les brancards soient plaqués à ce niveau.
« Avec une voiture à deux roues, le réglage de la sous-ventrière doit permettre une certaine liberté des brancards »
La hauteur des bracelets de brancards (ou des porte-brancards) se règle en fonction de la voiture, pour que les brancards soient à bonne hauteur, et dans une ligne proche de l’horizontale. Fixez les traits au collier ou à la cet gardez-les en attente, croisés sur les dos du cheval.
Certains meneurs laissent les traits attachés à la voiture ; cette méthode implique évidemment que l’on ne fixe les traits au collier qu’à la dernière minute, juste au moment d’atteler.
Avec un harnais à bricole
Placez d’abord la sellette et l’appareil de reculement. Préparez la bricole en enroulant les traits sur eux-mêmes et autour du blanchet. Après avoir mis le licol autour de l’encolure, passez l’ensemble traits-bricole au dessus des oreilles (comme s’il s’agissait d’une collier) puis faites faire à l’ensemble une rotation autour de l’encolure pour que la bricole vienne se placer devant le poitrail. Rabattez les traits (qui sont solidaires du blanchet) sur le dos, en les croisant, afin d’éviter qu’ils traînent à terre. On peut aussi, déboucler les traits de la bricole et les replacer ensuite…si l’on trouve cela plus simple !
« Certains poulains ayant tiré au renard au moment de l’attache conservent une nuque fragile toute leur vie… »
Certains chevaux, même routinés, n’aiment pas ce moment du passage du collier ou de la bricole au dessus de leur tête, et notamment de leurs oreilles et marquent un mouvement de recul plus ou moins important. Ceci est généralement dû à des mauvais souvenirs du débourrage : certains poulains ayant tiré au renard au moment de l’attache conservent une nuque fragile toute leur vie…
Afin d’éviter que le cheval ne tire au renard, vous pouvez le détacher à ce moment, ou s’il s’agit d’un irréductible, le garnir au box.
Avec une bricole, on peut facilement éviter cette éventuelle source de conflits : si le cheval se montre vraiment récalcitrant ou effrayé au moment du passage du blanchet, vous pouvez déboucler le surcou, placer simplement la bricole devant le poitrail, puis reboucler le surcou (un aide s’avère utile pour éviter que les cuirs ne traînent à terre). Cette façon de faire n’est évidemment pas orthodoxe, mais lorsqu’un cheval « fait une fixation » sur un point précis, il est parfois plus sage de contourner la difficulté : les impératifs de la tradition s’arrêtent là où commencent ceux de la sécurité…Quitte à revenir à une façon de faire plus classique quand le cheval aura « oublié » sa crainte et tissé avec son meneur une meilleure relation de confiance.
Toutefois, avec un tel cheval, restez vigilant : le naturel peut revenir au galop !
Une servante à roues permet de transporter le (ou les) harnais bien préparé !
Bridez…et surveillez !
Le cheval restera attaché avec son licol pendant toute la mise en place du harnais. Ce n’est donc qu’en dernier lieu que vous le briderez.
Procédez comme pour brider le cheval de selle, en demandant l’ouverture de la bouche avec douceur et en évitant de heurter les dents. Veillez également de ne pas toucher les yeux avec les œillères. Contrairement à ce qui se fait pour un cheval de selle, on laisse le toupet sous le frontal de la bride d’attelage pour ne pas gêner le passage des courroies d’œillères.
La gourmette doit toujours être parfaitement sur son plat : veillez à ce qu’elle ne soit jamais tournicotée sur elle-même.
Bouclez les guides sur l’embouchure, en commençant par la guide gauche, et passez-les dans les clefs de surcou (ou de collier) puis dans les clefs de sellette, et laissez-les en attente. Remettez aussi le licol par dessus l’ensemble, ce qui a l’avantage de coincer un peu les guides et d’éviter qu’elles traînent. Cela empêche aussi le cheval de les ronger –ce dont vous ne vous apercevriez pas forcément tout de suite : il serait très dangereux de partir avec une guide à demi-grignotée, risquant de se rompre brusquement…De toute manière, un cheval garni doit rester sous surveillance.
N’oubliez pas de vérifier si tous les réglages sont corrects. Votre cheval prêt à être mis à la voiture…
Le froid l’ennemi d’un bon menage
En hiver, pensez, après avoir fait le pansage, à remettre sa couverture au cheval si vous ne garnissez pas tout de suite. Et même en demi-saison, si le cheval ne porte pas de couverture, posez-en une sur son dos après le pansage, voire après avoir garni pendant que vous faites vos derniers préparatifs. Les muscles échauffés par le pansage-massage ne doivent pas se refroidir. Beaucoup de contractions et de difficultés en début de travail proviennent du fait que le cheval s’est refroidi attaché immoblie en attendant le départ.
Patrick Rébulard, meneur international d'attelage à quatre
Photos : Laetitia Bataille, Attelages Rébulard

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