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Coliques : les réponses des médecines holistiques
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Santé du cheval
Les coliques constituent le premier souci du soigneur et aussi -hélas-la première cause de mortalité chez le cheval. Nous aurons régulièrement l'occasion de parler, dans ce magazine, des différents aspects de la prévention et du traitement de cette pathologie qui doit toujours être prise au très sérieux.
Penchons-nous aujourd'hui sur les possibilités -souvent totalement méconnues- des médecines "holistiques" dans le domaine des coliques, et notamment dans l'évitement des récidives.
Lorsqu’un cheval a fait des coliques, il est bon, une fois la pahologie aigüe résolue (éventuellement par la chirurgie) de comprendre ce qui a motivé ces coliques, de manière à pouvoir prévenir les récidives. Ceci est particulièrement important en cas de coliques récurrentes. Les médecines holistiques, par leur démarche globale, permettent de relier les évènements de la vie les uns aux autres et surtout de leur donner un sens. L’ostéopathie et l’acupuncture peuvent aider dans ces pathologies.
Comme pour l’ostéopathie, l’acupuncture s’adresse aux troubles fonctionnels (spasmes, déplacements, distensions) et permet de conserver la bonne santé et donc la performance. Les troubles lésionnels, (torsions, invaginations, nécroses, tumeurs…) sont du ressort de la médecine allopathique et, si besoin est, de la chirurgie.
L’approche ostéopathique
L’ostéopathie s’intéresse aux restrictions de mobilité dans toute partie du corps, que ce soit une articulation intervertébrale, une articulation d’un membre et même au niveau des articulations viscérales en travaillant sur les structures de fixation ligamentaires et les fasciales.

Le simple fait d'effleurer le «point d'alarme» provoque une vive réaction : le cheval tente de se dégager en montant le dos et en tapant du postérieur.
« Quelle relation entre une vertèbre et une douleur abdominale ?» est une question qui revient souvent. Cette interdépendance de toutes les parties du corps est une évidence pour un ostéopathe. Cependant, la neurophysiologie moderne permet de répondre facilement à cette question de bon sens.
Chaque vertèbre entoure une portion de la moelle épinière recevant et envoyant des informations à tous les constituants du tronçon corporel lui correspondant, appelé métamère, et comprenant un secteur cutané et les glandes sudoripares, les muscles de la région, la vertèbre et pour chacune un organe ou viscère, par le biais du système nerveux neurovégétatif. Toute dysfonction (communément blocage) au niveau d’une vertèbre va faciliter (irriter) le segment de moelle épinière lui correspondant perturbant le bon fonctionnement de la région entrainant des symptômes observés par le cavalier.
Prenons un exemple : une restriction de mobilité sur la 12ème vertèbre thoracique(T12), va s’accompagner de raideur sous la selle, avec des muscles tendus, de défaut de flexion latérale d’un côté, parfois d’encenser dans le sens longitudinal, de modification cutanée localement (boutons, sudations, poils cassés…) et de troubles stomacaux (ulcères, coliques stomacales…), et même d’anémie en raison du saignement chronique des ulcères. (photo servantie 16)
La présence d’un « blocage » de T12 va prédisposer le cheval à développer des troubles stomacaux. Chaque vertèbre est ainsi associée avec un organe particulier : T17 et L3 pour le gros intestin, L2 pour l’intestin grêle, la jonction lombo-sacrée pour la vessie. Corriger les restrictions vertébrales permet d’agir facilement sur une cause favorisant les coliques, de façon préventive, une fois passée l’accès aigüe. Le déplacement d’un colon, d’un intestin grêle, d’un utérus…n’arrive jamais par hasard, une tension sur un fascia l’a facilité.

Correction d'une restriction vertébrale par une manipulation ostéopathique.
Les pathologies sont essentiellement multifactorielles : le blocage de T12 va prédisposer le cheval aux ulcères de l’estomac, d’autant plus qu’il est soumis à entrainement intense avec une alimentation concentrée riche en avoine dans une ambiance stressante et des changements fréquents liés aux compétitions. Analyser chaque point permet de diminuer l’incidence des pathologies et d’améliorer ainsi la performance, c'est-à-dire la répétition des bons résultats ; en aucun cas, l’ostéopathie ne va résoudre toutes les coliques. La recherche des causes profondes doit être collégiale avec une bonne communication au sein de l’équipe encadrant nos sportifs.
Approche acupuncturale
L’acupuncture est une médecine chinoise très ancienne, utilisée en première intention par quelques millions de personnes dans le monde, et indiquée chez le cheval depuis plus de trois mille ans. Pour un chinois, tout est énergie : « tout dans l’univers est constitué par le tch’i. Les hommes et toutes les choses ne sont formés en réalité que d’une seule et même substance matérielle » (TCHANG TSAI, dynastie des Song).
Les méridiens (lignes fictives réunissant les points d’acupuncture de même fonction) sont bien décrits chez l’homme se superposant souvent avec des trajets nerveux sur les membres au moins, et aussi au vécu, par les malades, de sensations douloureuses. Cette existence est admise par postulat chez les animaux.(photo servantie 29)
Les méridiens sont associés à la notion de mouvement qu’ils assurent :
- les méridiens yang sont ceux des mouvements d’extension et d’extériorisation (abduction) des membres
- les méridiens yin assurent les mouvements de flexion et d’intériorisation (adduction) des membres

Ici une aiguille d'acupuncture dont l'action est renforcée par la chaleur d'une flamme.
Ainsi, en reprenant l’exemple de T12, le méridien estomac (Yang) est associé à l’engagement des postérieurs, donc à la capacité à aller de l’avant pour chercher sa nourriture, pour l’attraper avec les dents et la bouche, l’ingérer et la préparer à l’absorption intestinale par la digestion stomacale. L’impossibilité à aller de l’avant est un facteur de stress prédisposant aux dysfonctions de l’estomac dont les ulcères.
L’acupuncture permet de relier le cheval à l’univers l’entourant (saisons, climat, alimentation…) et ainsi de trouver la ou les causes profondes favorisants les spasmes (excès d’énergie), les distensions (insuffisance d’énergie) et les déplacements (déséquilibre à rapprocher de l’ostéopathie viscérale).
Certains points d’acupuncture, appelés points alarmes, sont situés à proximité des organes et sont des témoins très précoces de dysfonctions viscérales. (Cf. photo servantie 41). Comme pour l’ostéopathie, l’acupuncture s’adresse aux troubles fonctionnels et permet de conserver la bonne santé et donc la performance : les troubles lésionnels, torsions, invaginations, nécroses, tumeurs… sont du ressort de la médecine allopathique et du chirurgien si besoin.
En ré harmonisant la circulation du Chi le long des méridiens, l’acupuncteur, en respectant les lois de la médecine traditionnelle chinoise, corrige les dysfonctions viscérales, et permet au cheval de mieux vivre les changements de saison et de climat, facteurs fréquents de coliques chez nos équidés hypersensibles du système nerveux neurovégétatif. (photo servantie 35)
Dr. Vêt. Jean Servantie
L’HOMEOPATHIE
Phytothérapie :
Trois questions au Dr Peter Andresen
Chevaux et poneys magazine : Les coliques constituent pour le cheval l'équivalent d'une "maladie de la civiilsation". Mis à part le fait de lui faire mener une vie aussi proche que possible de la nature (repas fréquents, apport de foin) peut-on lui apporter par le bais des plantes des compléments alimentaires pouvant compenser son régime parfois antinaturel ?
Dr. Peter Andresen. Sur le marché des compléments alimentaires à base de plantes, les produits pour enrichir les rations quotidiens sont légion. Encore faut-il s'assurer de leur bonne composition et d'une posologie suffisante. Pour la composition, il serait utile de connaître par exemple la composition de l’herbe dans le pré et dans le fourrage, afin de choisir un produit apportant une complémentation ciblée. Cela serait l'idéal, mais c'est rarement réalisable. Pour la posologie, on peut en général faire confiance aux producteurs sérieux ayant bonne réputation.
C.et P. M. En dehors de l'action digestive, existe-t-il des plantes qui peuvent aider à la prévention des coliques en agissant sur l'équilibre nerveux du cheval ou sur son anxiété ?
Dr. P. Andresen : Bien entendu, c'est possible. D’une part, l'équilibre intestinal influence l'état général du cheval et ensuite son équilibre nerveux. Pour s'assurer de la production d'une bonne flore intestinale, on peut par exemple employer certains produits contenant de la racine de chicorée (Cychorium intybus), un pro-biotique intéressant. Mais comme la nature fait bien les choses, le chicorée assure aussi un bon fonctionnement hépatique et biliaire. En plus, dans l'herbe de la plante se trouve de la Lactopicrine, un puissant calmant.
Mais beaucoup d'autres plantes sont utilisées de manière efficace au niveau intestinal. D’autres encore agissent plus spécifiquement sur le système nerveux, sur l'anxiété, sur les spasmes etc.
C et P.M Y a -t-il des réponses de la phytothérapie pour prévenir les coliques d'une manière générale, et en particulier dans un contexte de stress (concours, changement d'alimentation, transport...)
Dr. P. A. Dans ce type de situation, l’on peut agir non seulement au niveau de la prévention mais aussi pour le traitement. Un fait très peu connu aujourd'hui, car il n' y a plus beaucoup de spécialistes qui ont pu conserver ce savoir. Pour ces raisons, la phytothérapie à pris une place de traitement complémentaire à la thérapie médicale ou chirurgicale. Cependant, on lui donne souvent plus de chances de faire ses preuves dans les cas de coliques récidivantes.
Propos recueilis par Laetitia Bataille
Une petite trousse d’urgence homéopathique
Par le Dr. Peter Andresen
Le principe de la prescription homéopathique se base sur la comparaison entre les symptômes exprimés par un cheval en colique et les symptômes d’un remède répertorié en homéopathie vétérinaire. Cette façon de choisir un remède s’intitule prescription selon la similitude, ce qui est un des éléments fondateurs de l’homéopathie en général.
Pour faciliter le choix d’un remède et pour en limiter le nombre lors de la constitution de votre trousse d’urgence, nous allons décrire ici quelques situations fréquentes. Ceci vous permetra d’administrer un remède homéopathique selon les règles en attendant l’arrivée de votre vétérinaire ou pour accompagner son traitement avec l’accord du praticien.
Les coliques spasmodiques
L’expression douloureuse d’une colique débute et s’accompagne toujours du spasme d’un organe abdominal. L’intensité de ces symptômes peut-être très variable d’un cas à l’autre.
Les remèdes les plus fréquemment utilisés sont :
Nux vomica 6DH
Bon remède dans les coliques spasmodiques secondaires à un changement ou à un abus alimentaire, à l’ingestion d’un aliment avarié, à un stress important (compétition, transport), ou encore à un travail irrégulier (par exemple, cheval sédentaire en semaine et ne travaillant que le week-end). Les spasmes peuvent concerner différents organes abdominaux comme l’estomac, l’intestin grêle, les différents segments du gros intestin, mais aussi la vessie urinaire. Les expressions douloureuses sont par conséquent très différentes d’un cheval à l’autre.
Chelidonium 3DH
La Chélidoine (Chelidonium majus, voir photo) vient de la famille des Papaveraceae comme l’Opium, et contient quelques substances pharmacologiquement proche de celles extraites de ce dernier. Ce remède nous intéresse, si les crottins deviennent plutôt mous et prennent une teinte jaunâtre. Les muqueuses et les urines peuvent également être plus jaune que d’habitude.
Attention à une Leptospirose ou une Piroplasmose sous-jacente.
Proposez de l’eau tiédie au cheval, sinon il ne boira guère.
Colocynthis 4DH
La Coloquinte est utilisée dans les coliques plus violentes. Le dos est voûté et l’abdomen rétracté. Le cheval est très excité, gratte souvent, se couche fréquemment et se lève de nouveau.
Quand ces trois remèdes sont indiqués, il est souvent favorable de marcher les chevaux calmement.
Les constipations
Les « bouchons » intestinaux profitent favorablement d’un traitement d’accompagnement avec du Plumbum aceticum 6DH et de l’Opium 9CH.
L’entrappement intestinale (enclavement d’une portion du côlon, très mobile chez le cheval, entre la rate, le rein gauche, et un ligament qui réunit ces deux organes).
Statistiquement, parmi les indications chirurgicales d’une colique du cheval, nous rencontrons en premier lieux l’entrappement nephro-splénique du colon. Cet état peut bénéficier de l’utilisation d’un traitement avec Chelidonium 3DH.
Coliques récidivantes
Leur traitement requiert les conseils d’un homéopathe expérimenté. Mais prenez garde au parasitisme ! Un bon traitement antiparasitaire est souvent la meilleure prévention.
Trousse d’urgence
Pour la constitution de votre trousse d’urgence, procurez-vous plutôt ces remèdes sous forme de gouttes (flacon de 60 ml, dilution à 15% d’alcool pour une bonne conservation). En cas de colique, les gouttes sont plus facilement administrables que les granules homéopathiques. Donnez-en 1 à 2 ml avec une petite seringue (en avoir également d’avance dans votre trousse) directement dans la bouche. Vous pouvez administrer ces doses toutes les 15 à 60 minutes, si nécessaire. Si la colique est d’une évolution lente et peu sévère, il suffit d’en donner toutes les 2 heures voir seulement 3x/jour.
Ainsi, vous seriez préparés pour les cas de colique les plus fréquentes avec quelques remèdes qui peuvent soulager immédiatement le cheval, même si cette liste est loin d’être exhaustive.

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