À propos de DERBY JOLIEBRISE

Sexe :

Race : Dartmoor

Taille : 122 cm

État : Propriétaire

Date de naissance : 01/01/1991 (30 ans)

Présentation : 04/01/2003
Autoportrait
Je m’appelle Derby. J’aurais dû normalement vivre en Bretagne, près de la rade de Brest, où mon papa habite toujours: je serais ainsi demeuré relativement proche de la patrie de mes ancêtres, le Dartmoor. Mais, l’hiver précédant ma naissance, ma maman Nuage a été vendue et est arrivée au Poney-Club de Nanteuil.

C’était pas plus mal comme ça, j’y ai rencontré beaucoup de copains, bien qu’il n’y en ait eu que peu de mon âge quand j’étais petit. J’ai donc passé les premières années de mon existence à grandir à Nanteuil, tranquillement à l’abri des tempêtes de l’Atlantique, en faisant ce que je voulais, c’est-à-dire pas grand chose.

Il paraît qu’on m’avait choisi (à cause de mes ‘origines’: mais je ne sais pas ce que cela veut dire) pour être papa de poneys: je suis donc le papa de Gibus et Gribouille. Puis on a décidé que je n’étais pas assez beau (pourtant, je me trouve très bien de ma personne, bien dodu et tout . . .) et que je devrai travailler au poney-club. Cela ne me dérangeait pas beaucoup de ne plus être papa, mais j’ai détesté l’idée d’avoir à travailler.

J’ai donc pris une résolution inébranlable: moins j’en ferai, mieux cela sera pour tout le monde. Certains ont essayé de m’expliquer que cela ne leur convenait pas: ils ont même crié et m’ont tapé dessus mais, comme ce n’était pas fatiguant (pour moi), ils se sont fatigués avant moi.

Les jours d’ouverture du poney-club, je suis donc ‘au travail’: on me met un licol, on m’attache au paddock et, chaque fois que j’en ai assez, j’enlève mon licol et je pars me promener; il faut dire que les cavaliers du poney-club ne savent pas bien attacher un licol et que, moi, je me suis exercé, et maintenant je sais très bien en enlever un. Ensuite on me met un filet, une selle et un cavalier et, avec ce chargement, je dois marcher et courir comme mes camarades. Cette activité a parfois énervé certains copains, qui se sont mis à faire du zèle avec force ruades: moi, je préfère m’économiser, et il paraît même que certains cavaliers (pas tous) m’aiment précisément pour cela. A la fin du travail, j’enlève mon filet tout seul: les cavaliers apprécient souvent, car ils ne savent pas toujours très bien quelle boucle on doit détacher. A mon grand regret, je ne suis encore arrivé qu’une seule fois à enlever ma selle tout seul: je me suis gonflé très fort et la sangle a cassé.

On m’a fait faire aussi d’autres exercices qu’on appelle ‘attelage’. Au début, c’était bien, on me tirait derrière une charrette qui faisait beaucoup de




bruit. Mais un jour, on m’a mis devant, avec un copain, et je n’ai compris que longtemps plus tard que c’était moi qui devait tirer cette charrette. J’ai adopté ma philosophie habituelle, j’ai laissé le copain tirer et, pendant un certain temps, cela s’est très bien passé. Mais, un jour, les occupants de la charrette se sont mis à pousser des cris atroces, qui m’ont donné pour la première fois de ma vie la chair de poule, et j’ai dû depuis me résoudre à tirer ces charrettes, sinon ils recommençent. Cela me donne de temps en temps l’occasion d’aller me promener en camionnette pour faire des concours, toujours avec les copains, et à chaque fois on a droit à de plantureux festins.

Je donne toujours un avis très franc concernant les parcours que l’on dresse à mon intention dans ces concours d’attelage. Les épreuves de Dressage, où on doit faire de la danse classique sans même une jument dans l’attelage, m’ennuient profondément et je le montre bien: je ne suis absolument pas animé de ce désir absurde de se porter en avant que certains nomment 'impulsion'. J'apprécie cependant les immobilités, où j'excelle, mais cela ne sert à rien car il y a toujours un des copains qui gigote. J’aime beaucoup la Maniabilité, surtout à deux avec un copain: j’en ai gagné souvent, même au Championnat de France. Mes sentiments à l’égard des Marathons sont plus inégaux: quand il fait chaud, j’aime bien entrer dans les gués et m’y arrêter pour boire un coup; mais les occupants des charrettes ne sont pas du même avis et je dois parfois transiger, par exemple en buvant au pas, ou même au trot. Et dans les côtes, quand trois copains tirent la lourde charrette d’attelage à 4, j’en profite souvent pour me reposer un peu mais, là encore, les meneurs ne sont pas toujours d’accord, et il leur arrive de pousser leur cri glaçant.

Enfin, mon calme inébranlable à l’attelage m’a fait désigner pour la mission glorieuse entre toutes qui consiste à promener chaque année le Père Noël dans les rues de Nanteuil, pour la plus grande joie des petits . . .

N.D.L.R : Les cavaliers désireux d’apprendre les cris qui font avancer Derby sont invités aux séances de vocalises organisées par l’équipe d’attelage chaque Dimanche matin à 9h