Allez je demarre avec ma Baïa !
Baia, de son vrai nom Baillonette, née en 2011, à la base, ne devait pas rester.
À ce moment-là, je reprenais tout juste l’équitation après plusieurs années d’arrêt. Je voulais un cheval de balade, mini loisir.
Je m’étais fixé un objectif simple : un seul cheval, pas plus, montable "de suite" et santé RAS.
Baia, elle, n’était pas montable. Elle etait boiteuse, raide. Le dos en vrac, le bassin en vrac, les posterieurs en vrac, le dos creusé et un paquet de kg en moins.
Rencontree au cours de ma quête de la monture parfaite (aventure lunaire d'ailleurs).
Elle n'etait clairement pas montable, aucun doute a l'oeil nu qu'il y avait des problèmes et des gros.
Mais elle avait ce regard... et des appels de marchands de viande.
Aucun cheval ne me tapait dans l'oeil, ma recherche ne donnait rien ... Je n'étais plus a quelques mois près.
Le projet était simple : la récupérer, la remettre bien dans sa tête et dans son corps, puis lui trouver une super maison pour continuer sa vie de poulinière.
À son arrivée, c’était une boule de nerfs : du sang, de la tension, de l’énergie à revendre et aucune stabilité. Je lui ai laissé un peu de temps pour faire connaissance avant d'entamer son éducation en douceur… mais c’était sportif.
En main elle tractait, faisait des écarts, vibrait de partout. Le genre de débuts qui te rappellent que tu repars de zéro.
Et c’est justement lors de sa toute première sortie en main que s'est decidé son avenir.
Je marche sur une pierre ronde. Elle roule. “Crac”: ma cheville.
Douleur fulgurante, la jambe qui lâche, les larmes qui montent sans prévenir. Par réflexe, je me retiens à elle.
Et là… plus rien.
La jument électrique, tendue, incapable de tenir en place quelques minutes plus tôt, s’immobilise complètement. Je suis posée contre elle. Elle ne tire plus. Elle ne bouge plus. Elle attend. Juste là. Stable. Présente.
Mon souffle repris, je regarde ma sœur qui nous accompagnait et je lui dis :
« Elle, elle a gagné le droit de rester. »
Ce jour-là, Baia n’était plus un projet à re-caser.
Elle est devenue ma jument.
Après ça, j’ai quand même essayé de rester un minimum raisonnable : j’ai envisagé de la confier comme poulinière chez des gens bien, pour qu’elle ait une vraie belle vie supervisée mais sans que tout repose sur moi. Et récupérer le spot pour acheter, enfin, mon cheval de balade.
Sur le papier, c’était logique.
Dans la vraie vie… ça ne s’est jamais fait.
Je ne voulais rien risquer pour elle, elle avait deja vécu bien assez. La seule option où je pouvais être 100% sure de lui offrir le meilleur, c'était de la garder avec moi.
Changement de projet: Baia sera poulinière a la maison, et, à terme, la maman de ma future monture. Quoi de mieux qu'un poulain né a la maison pour qu'il convienne à tous mes critères?
Aujourd’hui, Baia est douce, calme, posée et en confiance. Elle vient chercher ses câlins, se comporte parfaitement en main, est une maman merveilleuse et une compagne géniale pour les autres chevaux.
Elle a gardé cette energie qui la rend si belle, elle a trouvé son équilibre, et je ne pourrais pas rêver mieux.
