Je viens pour échanger sur un problème que je rencontre avec mon cheval espagnol de 12 ans.
Je vais d'abord poser le contexte dans lequel il est arrivé et vit depuis qu'il est avec moi puis ensuite le souci qu'on rencontre et mes questionnements.
Mon loulou est entré dans ma vie fin juillet de cette année. Je l'ai acheté à une excellente cavalière qui l'avait récupéré suite à de mauvais traitements en Espagne.
Il a été réhabilité 2 ans dans une super écurie et sa propriétaire lui cherchait "une famille" pour continuer sa nouvelle vie en France...
Il est dans une pension qui offre de belles conditions de vie. Il est dehors integralement d'avril à octobre. Il est rentré au boxe la nuit seulement d'octobre à avril.
Le parc fait 18 hectares, le troupeau est composé de 18 juments et hongres de tout âge.
Jusque là il vivait en boxe paddock.
Son arrivée a été compliquée avec moi car il est très émotif et a perdu beaucoup d'état. Il passait ses journées au fil, sans manger à suivre les humains qui passaient.... Un creve coeur.
Je suis venue le nourrir/le voir tous les jours les premiers mois.
Je lui ai fichu la paix niveau travail pour lui permettre "de poser ses valises" au sein du gros troupeau dans lequel il vit. Je ne venais que pour nourrir et faire des gratouilles.
J'ai réussi à le retaper en terme de poids cet hiver avec une couverture, du foin et beaucoup de compléments alimentaires. Bref il a repris et va mieux physiquement aujourd'hui!
Je précise qu'il a vu l'ostéo et le dentiste, tout va bien de ce côté la aussi.
Psychiquement il a aussi énormément évolué. Il ne tique plus à l'ours du tout (sauf au moment du parage justement) alors qu'il le faisait même au près à son arrivée.
Il est posé, ne cherche plus tout le temps à brasser, s'est trouvé une vraie place et des potes avec qui se vautrer dans la boue pour les siestes. Il s'est rapproché d'une jument avec qui il est quasiment constamment. Bref au parc tout va bien!
Je veux vraiment respecter ses besoins et lui laisser du temps. Je ne l'ai pas encore monté et je travaille à pied uniquement avec une monitrice qui intervient sur la pension où je suis. J'ai aussi un petit accompagnement à distance d'une monitrice d'étho qui connait bien le cheval de son écurie d'avant.
Ça m'aide mais j'ai dû mal à me ressaisir de ce qu'elles m'apportent pour travailler seule.... J'ai pas d'idée et pas l'énergie pour construire mes séances. Je manque de précision et de rigueur (plus la peur de mal faire).
C'est sans doute lié.... mais le gros point noir du moment c'est donc le parage!
Il avait déjà cette problématique dans son ancienne écurie et je le savais. Il ne supporte pas ce moment !!
J'ai une super podologue qui a accepté de travailler la première fois au près pour limiter le stress.
Il y a eu une séance où il était encore sur la défensive mais qui s'est "globalement bien passée" a l'écurie. La pro avait pu travailler sur les 4 pieds quoi.
Depuis, il y a eu 2 passages catastrophiques a l'écurie où elle n'a pas pu toucher les postérieurs de mon cheval....
Déjà dès qu'il la voit arriver il la reconnaît et a les yeux qui lui sortent de la tête!
Elle peut difficilement et avec beaucoup de renforcements positifs travailler sur les antérieurs.
Par contre des qu'elle dépasse son épaule pour aller en direction de ses postérieurs, il se met à chasser les hanches ou à tiquer mais il trouve une solution pour fuir.
On teste des trucs, nous avons essayé 45 minutes puis fait une pause de 30 minutes où je l'ai emmené brouter par exemple. Puis reprise de l'exercice (qui était juste qu'il laisse la pareuse approcher son arrière main), ça n'a pas été franchement une réussite...
On essaie de rester hyper calmes avec la pro (intérieurement j'ai envie de le mouliner). D'autant que si je m'énerve et que j'élève le ton, il se met à tiquer comme un taré!
Bref ça fait 2 mois et demi que ses postérieurs n'ont pas eu un coup de râpe quoi....
La nous avons décidé qu'elle revienne dans 2 semaines dans l'espoir d'une "petite victoire" qui serait qu'elle puisse lui prendre les postérieurs...
Je précise que c'est un amour aux soins pour le reste. Il a eu une grosse gale de boue cet hiver et a été soigné par moi et des amis sans aucune difficulté.
Concernant les pieds, les jours "normaux" où la podologue n'est pas là, c''est difficile mais j' arrive toujours à prendre les 4 (hier une fois qu'il était tendu comme un string, même moi j'ai eu du mal à lui prendre).
Avez vous des idées d'exercices que je pourrais mettre en place pour m'aider face à cette difficulté svp?
Je pense que j'ai beaucoup d'empathie pour lui et on voit tellement qu'il subit son état de stress que j' ai du mal à être suffisamment cadrante dans ces moments là.
Il est uniquement sur une posture défensive jamais agressif mais il ne fait pas attention à nous lorsqu'il veut fuir à tout prix et ça le rend un peu dangereux. Je ne devrais pas accepter ça et pourtant je suis en difficultés pour me positionner car il me fait de la peine.
J'avais déjà eu une jument à moi mais elle avait un passé "de reve" et pas de traumatisme. J'arrivais plus facilement à être exigeante avec elle qu'avec lui...
Y a t il d'autres personnes qui ont cette difficulté ? Comment faire face à un cheval qui panique et dont on sait qu'il a été maltraité pour garder la "tête froide"?
Comment travailler mon leadership dans les moments où lui monte en pression tout en restant calme?
Comment l'aider à retrouver de la sérénité au parage avec des exercices à faire au quotidien ?
Comment travailler une situation de stress dans un moment calme?
Je suis un peu perdue et j'échangerai bien avec ceux qui auront eu le courage de me lire et l'envie de m'apporter de l'aide.
Un cheval qui ne veut pas donner ses pieds ne se sent pas en sécurité. Si (anciennes) douleurs, il ne se sent pas entendu par dessus.
Voilà la base de tout. Faut être à l'écoute du cheval et travailler, dans le calme, encore et encore - et LAISSER justement le cheval s'exprimer. Sachant que si tu arrives aux point que le cheval est en pleine panique et que les jambes valent dans tout les sens, t'as loupé plein de signaux de ton cheval, avant.
Utiliser sa "raison" humaine finit trop souvent en "vas-y, je force un tout petit peu, et tu verra que ce ne sera pas grave". Ben non, voilà tout ce qu'il ne faut pas faire.
J'ai connu des chevaux qui aimaient pas du tout la vibration de la rape sur les sabots, donc utiliser un autre type de rape ou une mouleuse peut être une option? Globalement, face aux pareurs qui interviennent actuellement, si ton cheval te fait confiance à TOI pour curer etc les pieds, pense à l'option de te former toi et faire les parages toi (après une formation digne de ce nom, pas un week-end de gratte gratte)
Pour le brossage des membres, je n'ai vraiment aucun souci. Mon loulou a eu une gale de boue et je pouvais laver, sécher, frotter sans problème. En plus, j'ai dû partir 1 semaine à cette période donc je l'ai laissé à 3 nounous différentes qui n'ont eu aucune difficulté (et m'ont même dit qu'il était adorable aux soins).
C'est vraiment les pieds le problème !
Je vais resonder mon vétérinaire sur les douleurs mais les radios ont été faites et sont nickels. Je ne sais pas trop quels examens faire de plus pour détecter une éventuelle douleur dans le pied du coup
Sedater je l'envisage oui pour le parer mais aussi lui permettre de vivre des expériences positives autour de ce moment... A voir avec quoi ? Je vais y réfléchir.
En fait j'ai effectivement des signaux flagrants avant qu'il ne tique. Il chasse les hanches, plie l'encolure, a un regard particulier, il couche les oreilles....
Et je ne le mets JAMAIS dans le rouge comme ça pour autre chose que le parage. Mais la comment faire autrement ? Je suis bien obligée d'insister.
C'est drôle que tu parles du fait de le laisser s'exprimer.
Dans les premières semaines, nous avons eu une séance qui s'est à peu près bien passée (il y avait des signes d'inconfort mais la podologue a pu travailler sur les 4 pieds). J'ai évidemment enormement récompenser, féliciter, valoriser ce jour là. Je savais qu'il prenait sur lui.
Sa théorie qui me semble pas deconnante est qu'il ne s'autorisait pas du tout à exprimer clairement son désaccord à ce moment là... Aujourd'hui il est bien chez lui, il a à peu près confiance en moi alors il peut "dire" que ça ne lui convient pas.
Vous êtes beaucoup à me donner la piste de me former je vais y penser bien que ce n'était pas dans mes projets.
Pour le changement de matériel, c'est une idée intéressante ! J'en discuterai avec la podologue.
Alors, pour commencer, je n'écarterais, moi non plus, pas la piste de la douleur. L'ostéopathe ne suffit pas pour dire que le cheval va bien. D'ailleurs, personne n'est vraiment capable de le dire, donc potentiellement à creuser.
J'ai moi-même un cheval douloureux pour qui la prise de pieds est difficile mais j'ai très peu de marge de manœuvre pour justement gérer cette douleur donc on travaille principalement l'émotion et la tolérance.
Je préviens : mon message n'a pas pour vocation de donner une méthode de travail clef en main mais à en expliquer les grandes lignes.
Pour cela, je travaille avec un système bien rôdé. Je le mets dans une zone où il se sent très bien pour commencer (lui, c'est uniquement dans son lieu de vie, sinon trop de stress) en l'isolant de ses congénères pour éviter les tensions et les dérangements. Je choisis également les jours où il est en état d'apprendre et de se concentrer et de réfléchir, c'est un anxieux donc parfois, c'est trop difficile.
Ensuite, j'installe mon set up : un drap avec du foin et un seau de granulés de foin.
Etape n°1 : la promesse de récompense.
Il faut que le cheval comprenne que dans la configuration donnée (donc drap + seau visible dans mon cas), il aura toujours une récompense qui arrivera systématiquement dans le même schéma (je clique, je me déplace vers le seau, je jette les granulés dans le foin).
Illustration d'un moment où le travail est déjà bien avancé :
Etape n°2 : commencer l'exercice par micro-étapes.
C'est le moment le plus difficile et qui doit être extrêmement bien pensé pour ne pas aller trop vite et risquer de tout foutre en l'air. Dans le cas du mien, il n'y a pas d'anxiété à le toucher partout et à se balader au niveau des postérieurs donc cette étape n'a pas été faite mais, pour le tien, il faut partir du moment où il est mal à l'aise donc anticiper son anticipation ().
Illustration de ma première étape dans la prise de pied :
Pour ce travail, je me suis formée et faite accompagnée par une leçon d'ancrage, notamment en suivant son pack 4 webinaires qui m'a été très instructif.