girly61 a écrit le 08/07/2026 à 00h43:
Réflexion philosophique du soir bonsoir (oui mon cerveau refuse d'aller se coucher)
On entend souvent parler "d'aimer son travail", mais en fait, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'on n'est pas en pleurs le matin à l'idée d'y aller ? Qu'on continuerait à y aller même si on gagnait une somme folle au loto qui nous permettrait de ne plus jamais travailler de notre vie ? Ou plus réalistiquement, quelque part entre les deux qui est différent pour chaque personne ?
Si on est en pleur le matin c'est qu'on a un soucis qui va au-delà du travail et qu'il faut se faire soigner, pas mettre à jour son CV.
Blague à part je pense que la réponse est plus dans l'entre deux.
J'ai eu des périodes d'arrêt de travail, pour diverses raisons notamment presque une année récemment.
Je montais à cheval tous les matins, ma maison était nickelle et j'ai du prendre un peu de poids à cause de la cuisine. Mais avec le recul, j'ai eu beau chasser le naturel, il est revenu au galop. J'ai fait la même chose qu'au travail mais dans un cadre bénévole, pour ma famille, pour des potes, pour moi.
Et je pense que si je gagnais une grosse somme au loto, je diminuerais drastiquement mes horaires mais je continuerais pour 3 raisons:
- la cause, parce que je travaille pour quelque chose qui a du sens et clairement ça apaise ma conscience dans le contexte actuel (ça c'est nouveau dans ma carrière, avant j'y pensais pas, j'ai refusé des jobs non éthiques mais ça s'arrêtait là)
- l'activité: j'ai besoin de stimulation intellectuelle, je serais incapable de faire un travail purement physique, j'ai testé dans ma période inactive, c'est vraiment pas pour moi
- le lien social: j'ai besoin d'interactions sociales, pas juste être avec des gens mais échanger, débattre, challenger
girly61 a écrit le 08/07/2026 à 00h43:
Est-ce qu'aimer les avantages indirects liés à son travail (CE, horaires, vacances, réductions...) est aimer son travail ? Est-ce qu'aimer son travail veut dire qu'on l'aimera quelles que soient les conditions (ambiance, management...), est-ce que de bonnes conditions peuvent nous faire aimer un travail, ou l'un ne va pas sans l'autre ?
J'ai testé, j'ai "eu l'opportunité de changer de fonction" à mon retour de congé mat. Même salaire, très confortable, même voiture neuve, mêmes primes...
mais conditions "humaines" différentes, fonction en elle même différente, je me suis dit tant pis j'y vais, résultat j'ai littéralement déprimé.
Aujourd'hui j'ai baissé mon salaire de 20% et je ne regrette pas une seule seconde d'avoir changé.
Donc il me faut un minimum pour vivre, j'irai pas faire 9h-17h pour un salaire qui ne me permet pas d'avoir 2 chevaux et partir en vacances 3 fois par an avec ma famille. Mais la partie avantages "financiers" est clairement la partie qui peut être bien discutée. Alors que l'ambiance, les fondamentaux du travail, non, ça c'est devenu non négociable.
Les bonnes conditions peuvent faire aimer un travail, mais ça ne suffit pas, si on se fait ch*** toute la journée ou qu'on est dans le rouge nerveusement ça ne suffit pas pour être épanoui.
girly61 a écrit le 08/07/2026 à 00h43:
A quel point la marche est grande entre "mon travail ne me déplait pas" et "mon travail me plait" ? Passer sa vie dans la catégorie "ne me déplait pas" est probablement déjà mieux que beaucoup de personnes, mais est-ce vraiment suffisant ? Combien de personnes trouvent réellement un travail qu'elles aiment ?
je pense qu'il y a des gens qui ont un travail "passion", par exemple les sportifs pro, ou les métiers très engageants, si on n'a pas la passion, on ne peut pas le faire tout simplement
et ces gens vivent et dorment et pensent travail
travail qui peut être vu comme passionnant de l'extérieur mais qui ronge souvent ces personnes... c'est pas forcément gage de bonheur dans l'absolu
je crois que c'est important d'aimer ce qu'on fait, que ce soit dans la journée, le soir en rentrant, les gens qu'on fréquente... c'est quand même triste de consacrer du temps à quelque chose qu'on n'aime pas
et pour moi pour être bien dans ma vie, j'ai besoin d'un équilibre: ma famille, mais jamais je serai mère au foyer de mon plein gré, mes chevaux, qui sont très bien en pension et qui ne sont pas LES chevaux en général, mon travail, que je fais dans des horaires définis
j'aime tout ça mais je ne serais pas heureuse si je devais uniquement m'occuper de chevaux, d'enfants ou travailler comme une sauvage dans mon job actuel
girly61 a écrit le 08/07/2026 à 00h43:
Est-ce que vous aimez votre travail ? Pourquoi ? Ou si vous diriez plutôt que non : qu'est-ce qu'il vous manque pour que ce soit le cas ? Est-ce une situation tenable sur le long terme ?
j'aime mon travail, mais il n'est pas parfait, je suis dans une zone de confort absolu, je me promène, ça me va parce que je suis dans une phase de ma vie où j'ai envie d'être tranquille et pas de me challenger, je ne fais pas de compétition avec mes chevaux, je ne cherche pas les responsabilités au travail
un jour, je risque de m'ennuyer
et je suis mal payée, parfois je suis un peu frustrée par rapport à ça parce qu'avec mon parcours je pourrais faire mieux
mais je repense à pourquoi je le fais et ça me fait relativiser
j'ai travaillé dans un autre secteur où là j'étais proche de la passion, j'adorais le sujet du travail, j'adorais la relation de proximité avec mes fournisseurs, j'adorais les conditions de travail exceptionnelles dont je bénéficiais (les voyages, les restos étoilés...)
j'ai toujours un attachement pour ce secteur, je le surveille, je pense que j'y retournerai un jour mais je sais que ce monde a changé, je retrouverais plus ces conditions aujourd'hui et puis j'ai goûté au "sens", au fait d'avoir une action concrète et pas seulement apporter du fun, et j'avoue que ça me plait aussi
c'était une autre phase de ma vie, je kiffais travailler de longues heures parce que mon travail c'était aussi prendre le bateau à Hong Kong le matin ou me promener à Deauville
mais je pense que c'était pas long terme l'équilibre avec ma vie perso était pas bon
on évolue, nos envies et besoins évoluent au fil des années aussi
quant à la fierté, pour moi c'est essentiel de gagner ma vie seule et sans dépendre de quiconque
après gagner au loto ça marche aussi, hériter ça marcherait si je plaçais bien mon argent pour qu'il m'en fasse gagner vraiment, vivre entretenue par l'état ou quelqu'un non je le vivrais mal