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Un stage lors d'une canicule ?
Posté le 08/08/2020 à 16h19
Alors pour rassurer un peu sur la maltraitance en endurance.
J'ai engagé en 2016 sur la 160 de Monpazier, fin août. Il faisait très chaud. On sait qu'il peut faire chaud sur cette course, mais on n'a pas de données météo disponibles quand on fait les engagements puisque c'est 10 jours avant la course. L'avant-veille du départ, les prévisions font état d'une température aux alentours de 40 degrés.
Alors, comment fait-on quand on sait qu'il va faire plus chaud que prévu ? Et en admettant qu'on ne fasse pas forfait.
Les départs se font très tôt le matin, de nuit, à la frontale : Départ à 5h du matin.
On adapte la vitesse. Cette année-là, la course se gagne à 17,3 km/h, sachant qu'on a davantage avancé à la fraîche sur les premières boucles. Et on peut avancer même dans la nuit noire. Bon, moi, je me suis pris 2 branches dans la gueule, mais le cheval gère nickel. En gros, à midi, on a fait 3 boucles sur les 5. Ensuite, on ralentit.
Les chevaux boivent et sont copieusement arrosés sur la piste tous les 10km. Les points d'assistance sont nombreux.
Aux intermédiaires, encore des dizaines de litres de flotte, à boire et sur le corps (on peut arroser aussi en dehors du temps de grooming, tant qu'on respecte les zones où on a le droit d'arroser) et on a des tonnelles pour les mettre à l'ombre. On a aussi de la glace pilée : soit on l'achète sur le site, soit on vient avec son stock. On rafraîchit les bacs avec, mais on a aussi des guêtres spéciales qu'on "remplit" avec. On a aussi toute une liste de produits pour la récupération et l'hydratation qui sont autorisés car non-dopants. Avant de re-seller pour partir sur une nouvelle boucle, on arrose une dernière fois.
Contrôle véto entre chaque boucle où, entre autres vérifications, les vétérinaires vérifient le pli de peau.
Le cheval a du mal avec la chaleur ? 2 possibilités :
- On est éliminé.
- On n'est pas éliminé, mais on préfère abandonner. C'est possible, même si tous les signaux véto sont au vert et qu'on a l'accord pour repartir. Un cavalier qui abandonne (au terme d'une boucle ou sur la piste et qui, de fait, rentre en van) doit de toute façon présenter le cheval au contrôle. Y a-t-il beaucoup de cavaliers qui abandonnent : oui, c'est fréquent.
Sur toutes les courses, il y a les vétos de ligne, mais aussi un traitant (qui n'a pas le droit de juger aux vet-gates) avec des boxes réservés en clinique. Un cheval traité peut l'être sur prescription des juges de ligne après une élimination, mais également sur demande du cavalier (on appelle ça une "perf de confort") qu'il soit éliminé (mais sans obligation de traiter), qu'il ait abandonné ou qu'il ait fini la course, quelle que soit sa place. Un cheval éliminé pour méta qui est perfusé, cela laisse une trace : vous avez des points de pénalités qui apparaissent sur votre fiche FEI. Et des obligations de repos plus long que celui déterminé par le règlement (il y a des temps de repos obligatoires entre chaque course). Plus ce type d'élimination vous arrive souvent, plus vous cumulez les temps de repos avec interdiction d'engager le cheval sur une course, même une petite course.
Voilà, on n'est pas des bourrins qui font galoper les chevaux sous le cagnard sans aucun garde-fou, ni considération pour eux. Des connards, il y en a partout. De là à faire de tous les cavaliers d'endurance des connards, disons qu'il y a possibilité de faire dans un peu plus de nuance.