Je déboule un peu dans le topic mais ca fait pas mal écho à ce que je vis moi-même ces derniers temps, même si c'est sur d'autres registres de santé équine, mais du coup je comprend.
kiwan231 Si tu veux, on peut aller crier ensemble sur une montagne parce que c'est franchement pas funky à vivre...
Personnellement, j'ai acheter un seul cheval dans ma vie. Et au bout de 12 ans de vie commune, je pense qu'on peut dire qu'on est passées par beaucoup de phases elle et moi et qu'on n'a pas encore tout vu...
Quand elle était jeune, je voulais tellement la protéger de tout que je m'affolait de tout. Avec l'expérience, on finit par voir quand ca vaut le coup de paniquer et quand ca ne l'est pas. Et puis sur certains problèmes (légers bien sûr!), on arrive même à se débrouiller sans l'aide d'un pro.
Mais je pense que c'est aussi à peu près à ce moment-là qu'on commence à fatiguer, car on prend consciemment ou non, une partie de la responsabilité qu'on déléguait à un pro.
Exemple tout bête, les pieds : on peut faire le choix de faire appel à un MF/podologue toute la vie durant du cheval. Et on peut à un moment donné, faire le choix de se charger soi-même de l'entretien entre deux passages. C'est pas forcément grand chose pour certains, mais on prend pour soi une responsabilité auparavent totalement reléguée à un pro. Alors qu'on parle d'une d'un petit coup de rape sur de l'excédent de corne, on n'est même pas sur un sujet d'équilibre des aplombs ou autre !
Pire encore, on se sent parfois si bien accompagnés qu'on se sent vraiment tout seul face au pb. Des MF/podologues qui n'écoutent pas quand on dit que Pompom est mal dans ses pieds, des véto qui refusent de faire des PDS (ca me semble lunaire, et pourtant déjà vu plus d'une fois), des pensions qui refusent la moindre adaptation. Alors on essaie de contourner, de compenser. Le must, c'est quand on se prend des réflexions mal venues dans la tronche alors qu'on est déjà plus bas que terre.
Et puis il y a ces moments où la vie est juste pas cool du tout. Par exemple partir un après-midi de chez soi pour aller faire une balade, et apprendre sur la route que la jument est en colique carabinée ! Direction la clinique, heuresement pas d'opération et un fin heureuse, mais je touche du bois ! Ou alors le coup encore plus visselard d'avoir un cheval qui semble en bonne santé, en bon état, on s'inquiète de rien (pour une fois ! lol) et une miction plus tard, on se retrouve à programmé en catastrophe une visite du véto qui vous apprendra que le cheval a la piro chronique !
Bref, l'aventure proprio, c'est vraiment l'aventure, car on ne sait jamais quand on grosse tuile va vous arriver sur le coin de la figure ou quand Mde Dépression va toquer à la porte et forcer le passage...
[bon, ici, j'avoue que je profite de ton post pour me lâcher sur mon propre cas

]
Pour ma part, ma jument est facilement en surpoids depuis ses 7-8 ans environ. Au début, je ne savais pas vraiment comment gérer la situation et je ne trouvais clairement pas beaucoup de ressources sur le sujet. A vrai dire, c'est toujours le cas. On trouve plein d'info sur tout, mais gérer un cheval obèse, on vous dit juste "mieux gérer l'activité et l'alimentation". Oui mais comment ? Silence radio... Alors on improvise.
Je commence alors à augmenter l'activité. Ca ne change rien.
Je rajoute un panier de pâturage. Selon les 53ans d'expérience de mon gérant "ca ne sert à rien". Je prend les remarques, les critiques, mais je rajoute les protections, les tresses de maintient, les modifications, les réparations etc. A chaque arrivée au champs, je crains la blessure, la casse, ou (le plus ironique à mon sens), le retrait du panier, connu de mon gérant, qui ne le remet pas car c'est "inutile", et ensuite je l'entends me dire "elle est trop grosse".
Ca amorce quelque chose, mais c'est insuffisant et non reconnu.
Alors j'essaie de revoir l'activité physique. Je commence les trottings avec toute la logistique que cela inclue, en restant prudente aussi car le but n'est pas de se blesser ! Je prend un coach pour faire du dressage à pied et monté. Je construits des programmes, que je pourrais faire à l'année malgré qu'on soit très dépendants de la météo, j'organise toute mes soirées autour de son activité...
Et seules 2 personnes reconnaissent les efforts. La fille du gérant et le véto à l'occasion des vaccins. Pour le reste : "elle pas d'état" ; "ah bon, t'es contente ?" ; [silence radio, même quand je solicite un commentaire] ; au mieux "ouais enfin elle pourrait perdre encore hein"
On arrive à l'hiver, partie où je ne gère plus rien au niveau de l'alimentation de mon cheval encore et toujours trop gras pour certains, dont mon gérant de pension...Gérant qui gère le foin...et qui fait quoi pour le groupe de grassouillets dans lequel est ma jument "vraiment trop grosse" selon lui ??? Une énorme botte de foin complète à volonté, sans filet. Youpi !
On commence quand même le printemps pas si mal que ca. Et puis le printemps étant le printemps, en une semaine (négociation du panier avec Mde), je perds 9 mois de travail acharné, je me prend des remarques dans la figure, comme si tout notre travail de l'année dernière et le résultat obtenu et maintenu durant tout l'hiver n'avait jamais exister.
On va se dire que la visite alamriste du véto aura au moins le mérite de remettre en question le gérant sur sa gestion du foin pour l'hiver ! C'est déjà ca de gagner...
[Promis, j'en ai fini de raconter ma vie lol]
Et puis à côté de ca, une des autres proprio à également une jument pire qu'obèse, mais "elle est heureuse" donc elle ne fait rien.
Alors oui, il y a les proprio qui ne s'inquiètent de rien, parce qu'ils préfèrent la politique de l'autruche ; il y a ceux qui s'inquiètent trop ; ceux qui s'inquiètent, mais pas du bon pb ; ceux qui s'inquiète 5 ans après l'apparition de la boiterie (oui, déjà vu !) ; et parfois, la vie qui te fait enchainer les crasses. Parfois on est seul dans notre pb, parfois tout le monde trinque (les moments où on appelle véto pour un pb et pendant la visite, ils nous apprend qu'on est déjà le 20ème cas du genre qu'il voit dans la semaine).
C'est pas marrant, c'est pas facile. On essaie d'accuser le coup et d'avancer tant bien que mal. On se fait mal en se remttant en question ; on sait que c'est la bonne chose à faire, mais ca fait quand même mal. Et puis on a nos autres pb du quotidien à gérer. On relativise, on cherhce du soutien qu'on trouve...ou pas...
En tous cas, je comprend ta frustration. Je n'ai pas tellement de solution miracle, mais j'espère que bientôt tu pourras enfin sortir la tête de l'eau et regarder derrière toi en te disant que ca en valait la peine au moins sur quelques points