Moi, j'ai acheté une ponette dont le comportement a changé suite à un traumatisme au point d'en devenir dangereuse, pour laquelle j'ai eu un véritable coup de coeur, la trouvant terriblement attachante.
[Attention, pavé à venir!


]
C'est une 1/2 type Camargue (la maman) X New Forest. Voilà ce que je connais de son passé:
-elle est arrivée au club où je l'ai connue (où j'étais en formation) à ses 4 ans. Elle était restée sans jamais être séparée de sa mère jusqu'alors, ce qui a peut-être favorisé un terrain psychique instable. Mais son débourrage s'est vraiment bien passé, c'était une crème, gentille, calme... Seule en carrière, ou en balade (en groupe), tout allait bien.
-une des filles qui s'est occupée de son débourrage, et qui m'a raconté son passé, pense qu'elle a, déjà, été mise trop tôt en cours avec les autres chevaux. Mais c'est surtout suite à un évènement dont aucun des cavaliers présents ce jour-là n'a su ou voulu dire si c'est bien ma ponette (ou une autre) qui faisait partie du groupe, que son comportement a changé:
-l'année de son débourrage, lors d'une balade entre cavaliers proprios et/ou s'occupant des jeunes à sortir, un cheval du groupe (on sait lequel) a apparemment manqué de se faire renverser par un camion, et ce à proximité de l'autoroute (qui passe non loin du club, et que l'on peut traverser par une passerelle pour accéder à certaines balades). Personne, donc, n'a jamais affirmé que la ponette était montée ce jour-là, mais il se trouve que son changement de comportement coïncide.
-En substance, ça donne: la ponette entre dans une panique absolue dès qu'elle entend le bruit de fond des voitures (ce bruit des voitures qui roulent vite: une voiture qui roule à 40km/h à ras sa croupe, elle ne dit rien (ou presque). Elle se met alors à se jeter sur les côtés, part en lançades, se lève quel que soient le lieu et les dangers que ça peut engendrer: je l'ai vue à l'oeuvre / vécu, elle pourrait alors s'empaler sur un piquet de vigne ou se renverser dans un ravin.
Ma formatrice m'a parlé d'une sortie cauchemardesque, où il avait fallu traverser la passerelle au-dessus de l'autoroute: la cavalière, à pied, tenait la ponette à bout de rênes tant celle-ci se levait, et toutes ont craint de la voir d'un instant à l'autre basculer par dessus la rambarde.
La ponette a alors été "interdite d'extérieur", pour des raisons évidentes de sécurité, et lorsque je suis arrivée, c'en était là depuis 5 ou 6 ans.
En carrière, la ponette était surnommée "Zorro" en raison de sa propension à se lever, et, installée dans le cercle vicieux du "délicate à gérer donc peu montée, donc difficile à gérer car trop peu sortie...", les gamines qui la montaient passaient souvent leur cours à galoper en tous sens (je crois qu'il est arrivé qu'elle saute la lice^^). Les seules circonstances où elle était top, c'était montée par des débutants, à la condition d'être en tête de reprise: être derrière un autre la faisait chauffer à outrance, et idem
en "évolution individuelle" des chevaux.
A côté de ça, elle s'est avérée une chouette ponette de CSO, avec certes du gaz pas toujours évident à canaliser, mais ne demandant qu'à être pilotée d'un obstacle à un autre... (On a participé à un concours interne en juin dernier, on est arrivées premières sur la 90cm.

)
Je tiens à préciser que jamais les gérants n'ont décrété la ponette "folle", mais ayant "seulement" besoin qu'on s'occupe d'elle régulièrement et dans le calme pour "réparer" la situation.
Et voilà, il y a un peu plus d'un an, dès la première fois que j'ai eu l'occasion de la monter, je suis tombée amoureuse.
J'ai harcelé le gérant du centre pendant de nombreuses semaines (il continuait à vouloir "attendre" qu'un ou des cavaliers s'investisse à la retravailler, convaincu qu'elle restait une bonne ponette dans le fond, et/ou voulait la faire pouliner) avant qu'il n'accepte de me la vendre, il y a pile un an.
Dès le lendemain de la signature du chèque, je l'emmenais en extérieur.
Mais raisonnablement, en restant à proximité immédiate du club (en tournant dans les bois du PTV étalé sur plusieurs hectares) les premiers temps.
Et autant vous dire que même en évitant les circonstances à risque (proximité de route passante/ bruyante), les sorties étaient loin d'être de tout repos.
Début juillet, elle arrivait "chez moi", pour rejoindre mon autre jument, une trotteuse calme en extérieur (enfin, mis à part ses envies de vitesse au galop; je veux dire que ma jument est, sauf rares exceptions, zen en toutes circonstances). Et n'ayant ps de carrière, la ponette fait désormais 75% de balade/ rando.

(et 25% de plat/ travail à pied/ S.O dans les prairies d'à côté quand le terrain le permet).
Mon principal objectif a été de la "zenifier" en extérieur. J'ai commencé par ne pas la sortir seule, qu'elle fasse connaissance avec les environs en confiance. Puis petit à petit, je l'ai emmenée seule, d'abord à pied, sur de petits tours. J'en suis, 8 mois après son arrivée, pour ce qui est de sortir seule, à pouvoir partir une petite heure, sur certains chemins. Là où, seule, elle ne passe pas montée (c'est alors du "debout" non-stop, avec montée en pression progressive), elle me suit à pied.
A deux ou plusieurs, elle est généralement en tête. Il arrive encore régulièrement qu'elle refuse soudain de rester en tête/ de s'engager sur un passage: si le terrain n'est pas dangereux, j'insiste avec le plus de calme possible, s'il l'est (risque d'accident lorsqu'elle
se lève, avec proximité de fossé/ piquet de vigne etc), je fais passer l'autre cheval devant, ou descends...
Les sorties avec elle ne sont donc pas encore de tout repos mais il y a déjà eu beaucoup de progrès depuis juillet:
- quand on a démarré, elle ne pouvait pas rester arrêtée, même s'il y avait à brouter et que les autres chevaux étaient le nez dans l'herbe.
- Elle trottinait sans arrêt, pas de pas possible, et elle changeait de direction (escaladant ou descendant alors des terrains incongrus voire dangereux: désormais, si elle trottine encore régulièrement quand elle chauffe, je peux quand même marcher au pas rênes à la couture la plupart du temps.
-il lui fallait être en tête, mais que le cheval la suivant soit moins de 5m derrière elle, sous peine de demi-tour: je peux prendre 100m d'avance quand on galope (l'autre attendant avant de prendre son départ), plusieurs dizaines de mètres au pas
-je peux commencer une balade seule, rejoindre une copine, et la quitter pour rentrer à moins d'1km de la "maison" quand au départ il me fallait être raccompagnée jusqu'au bout ou finir à pied et en galérant...
Pour ce qui est du travail "technique" (plat et S.O), je manque d'installations, on progresse donc lentement,l y a encore beaucoup de boulot, mais d'il y a quelques mois où faire une transition descendante galop-trot me prenait 10 minutes (de galop^^), il me faut quelques foulées.
Cet été, réussir à rester (travailler) seules dans la prairie située en dessous de son pré sans y revenir au galop, en encaissant cabrers, demi-tours violents etc était déjà un objectif en soi, elle accepte désormais d'évoluer seule sans chercher à retrouver sa copine. (Mais il y a encore des jours où j'ai du mal, au boulot, à l'avoir au pas/ au trot, -pas au galop- en début de séance.
Bref, voilà pour mon petit poney "fou".
Je n'ai pas de photos de ses pourtant nombreux pétages de plombs, mais voilà quelques images de Louna en mode "je suis un poney (presque) comme les autres":
Peu de temps avant de l'acheter; les jours où je ne la montais pas en cours, je la sortais en fin de journée
Ses premiers jours "à la maison" en juillet
Notre première grosse sortie (une journée) à plusieurs, quelques semaines après son arrivée à la maison: son "bon fond de super poney" se décèle dans sa capacité à être à l'aise partout en extérieur, du moment qu'on entend pas les voitures...

(Le cheval en liberté à la pause, c'est ma trotteuse-valeur sûre

)
Après avoir travaillé sur l'arrêt, les résultats positifs
A la maison, on s'entraîne avec les moyens du bords, et on se fait aussi plaisir.