MDR
Ils montent tous les deux à cheval.
Ils ont tous de la poussière de foin au fond des sinus , de la corne aux fesses et de quoi nourrir une portée de gorets en raclant ce qu'ils ont sous les ongles en fin de journée.
Et pourtant… ils n’évoluent clairement pas dans le même biotope.
D'après une étude très sérieuse menée sans fondement mais permettant une comparaison subjective validée par aucun comité scientifique :
Il existe deux grandes espèces de cavaliers.
Ils montent tous des chevaux, parlent la même langue mais ne vivent pas du tout dans le même monde.
Le cavalier des villes arrive à l’écurie avec une tenue coordonnée.
Casque assorti rangé dans une housse, tapis propre, bottes qui brillent.
Il sait exactement combien de minutes il a pour monter, parce que le parking est payant et que le bus n’attend personne.
Il vient MONTER dans un créneau réservé pour une séance planifiée répondant à un objectif défini.
Son cheval vit dans un espace individuel, avec planning précis :
- sortie paddock
- séance montée
- selfie avec bouche en cul de poule et oreilles pointées.
- retour au box
La boue est un concept théorique.
Quand il y en a, on dit que “le sol est un peu technique”.
Il monte même quand il pleut.
Parce qu’il a payé ou réservé un créneau horaire dans le manège.
Et parce qu’un cavalier urbain ne recule devant rien, sauf éventuellement une flaque à la couleur douteuse.
🌾 Le cavalier des champs, lui, ne sait jamais vraiment s’il va monter.
Il arrive “vite fait”. sans montre , sans pression et avec une vague idée du déroulé de sa séance.
Souvent il vient “juste pour voir”.
Voir la météo , l’état du terrain , si le cheval est attrapable , voir si la clôture est toujours intacte...
Sa tenue n’est pas assortie mais fonctionnelle.
Un joyeux mélange de la collection 2008 du rayon randonnée , équitation et ski de chez Decathlon.
Il a des bottes pour aller chercher son cheval et des bottes pour monter ...mais souvent la flemme de les changer.
Son cheval vit au pré, quelque part entre la liberté totale et la captivité expérimentale.
Il arrive souvent avec de la boue jusqu’à des endroits que l’anatomie humaine ne prévoyait pas d'exposer au monde extérieur.
Sa tenue n’est pas sale.
Elle est patinée par l’expérience.
Chaque tâche a une histoire , souvent dramatique mais bien trop longue à raconter ..
Le cavalier des villes planifie.
Le cavalier des champs improvise.
L’un parle de protocole.
L’autre parle de système D.
Mais ils se comprennent.
Parce qu’ils savent tous les deux qu'un cheval peut ruiner une journée… ou la sauver.
Ils ont juste appris à aimer les chevaux dans des décors différents...Avec le même mélange de tendresse, de fatigue ,
et cette certitude étrange que, malgré tout,
ils ne renonceraient à ça pour rien au monde.
*** Évidemment personne ne correspond réellement à ces caractéristiques. C'est le principe d'une caricature. Si malgré tout vous vous sentez visé, piqué ou légèrement chiffonné, faites une pause : soufflez, buvez un thé à la camomille, allez marcher et pour les plus tendus : prenez un suppositoire et revenez nous voir demain , de bonne heure et de bonne humeurs