frederique3560
Ouah, j'ai fait un message de fou que je viens de perdre !
Donc j'essaye de reprendre :
Je ne pense pas que la "nature" soit bienveillante, pour moi elle est tout simplement. Il me semble que les interrations existantes entre les vivants d'un milieu sont bien plus diversifiées que compétition/coopération (et que la coopération y est bien plus présente qu'on ne le perçoit)
En partant de l'exemple des ronces que tu prends, je vais essayer de te partager mon regard (avec ce que j'ai pu glané de théorique et ce que j'observe dans mon environnement). Je vis dans une région où la déprise agricole a été très forte dans les années 50 (terres pauvres, acides et au relief peu favorable). Nous avons beaucoup d'espaces qui ont évolué vers la friche agricole : ici les ronces et les fougères sont reines et ont colonnisé tous ces espaces. Aujourd'hui, 70 ans plus tard, ils ont évolué en espaces de boisement spontané aux essences variées. De ce que j'ai lu, l'arrivée des espèces semi-ligneuses comme la ronce est la première étape de latransformation d'un milieu en forêt (sous nos latitudes).
J'étais en stage avec le technicien bocage de mon secteur en début de mois, ça fait partie des solutions qu'il propose pour la création de haies ou la régénaration d'un linéaire dégradé : permettre aux semi-ligneux de recoloniser l'espace pour créer les conditions d'implantations des arbres. Ce n'est pas une proposition adaptée à toutes les situations ; il faut des arbres semenciers à proximité, il faut accepter de prendre le temps (la temporalité n'est pas la même) et donc qu'il n'y ait pas d'urgence ni agricole ni environnementale à la restauration d'un bocage.
Pour les zones humides, nous avons une zone de quelque milliers de m2; très humide à proximité d'un ruisseau. Jusqu'aux années 50, elle était gérée en prairie humide par pâturage/fauche (témoignage de ma voisine dont le père utilisait cet espace). Aujourd'hui complètement refermée (nous l'avons récupérée ainsi), elle se compose d'arbres (saules, sureaux, noisetiers, peuplier, ormes, chènes, chataigners) installés en fonction de leur appétence pour l'eau. Quel problème pour ce milieu ? Certes le vivant présent n'est plus le même mais en quoi est-ce problématique ?
La jussie que tu cites relève je crois d'une autre problématique que la simple déprise humaine sur un milieu. Je ne la connais pas mais j'ai lu qu'il s'agit d'une plante invasive ? Du coup, le mileiu n'est pas en mesure de s'équilibrer en sa présence. En tous cas pour l'instant, au bout d'un moment cet équilibre se trouverait mais c'est vrai que ce n'est probablement pas à l'échelle temporelle humaine.
Citation :
La question n'est pas que le milieu soit ou pas étanche à l'homme, mais de savoir quel est le projet commun entre végétal et animal ( humain compris ).
Je partage je pense cette idée. Nous sommes cependant dans un monde actuellement où l'homme est présent partout dans tous les milieux et cherche à tout maitriser/contrôler. Est-ce vraiment un problème si quelques espaces s'affranchissent de cette omniprésence ?
Pour en revenir à la discussion de départ, je rejoins la question que tu formules, je pense juste que les réponses sont plurielles en fonction de tout un tas de facteurs et notamment de nos objectifs. C'est en ce sens que je dis que nos possibilités de gestion d'un milieu sont variées. Ca dépend de l'objectif prioritaire qu'on y met. Or ces objectifs sont plusieurs à être entendables et valables (permettre une production agricole, maintenir des milieux en lien avec l'histoire agricole, maintenir des zones tampons permettant un cycle de l'eau non problématique pur les espaces humains, recréer des espaces de libre évolution... tout ça suivant les régions et les contextes est entendable et valable). Ce que je revendique c'est qu'on ne parle pas au nom de la "nature", le vivant n'a jamais eu besoin de l'homme pour exister, se maintenir et se renouveler. Si nous disparaissons demain, le vivant continuera à évoluer sur notre planète.