keona
Pour commencer avec mon témoignage personnel, je me suis considérée végane le jour où j'ai arrêté l'équitation, c'est-à-dire en juillet 2019. Avant cela, je me considérais végétalienne, justement parce que je trouvais (et trouve toujours) la pratique de l'équitation contradictoire avec le véganisme et plus précisément l'antispécisme. Depuis, j'ai eu deux poneys. Un que j'ai acheté parce que je l'aimais infiniment et un qu'on m'a donné contre bons soins. Je ne rachèterai jamais un cheval.
On (a) fait de la balade et du travail à pieds, en cherchant à fond le consentement/la coopération. J'ai énormément progressé là-dessus depuis 2021, et le simple R+ "basique" ne suffit pas du tout, c'est très très complexe. Je suis encore à des années lumière d'avoir un bon niveau alors que j'ai déjà énormément évolué.
Pour développer vis à vis de mes convictions, je ne sais pas si l'équitation en 100% R+/consentement est possible. Personnellement, j'en doute, parce que ça implique de lutter contre un conditionnement très puissant (du cheval ET de l'humain !), d'être extrêmement bien formé aux signaux de communication, de très bien connaître son cheval, de lutter contre ses propres biais amenés par ses envies personnelles, avoir un sacré bon niveau en travail du cheval basé sur le consentement...
Ensuite, si tout ça est validé (dur dur), il faut prendre en compte le fait qu'il n'existe aucun consensus scientifique affirmant que l'équitation n'est pas source de douleurs pour le cheval, qu'il y a des études qui montrent que les chevaux souffrent de la pratique et qu'un cheval n'exprime pas forcément son inconfort. Personnellement, je préfère appliquer un principe de précaution en ne montant pas !
Il y a également le soucis de la musculature. Il est évident qu'un cheval mal musclé va pâtir d'un poids supplémentaire or, il va être très difficile de muscler un cheval suffisamment à pieds pour le préparer à la monte, tout en respectant son consentement, ses envies, ses besoins...
J'ajouterai encore que l'équitation parfaite n'existe pas. La moindre erreur va donc être douloureuse pour le cheval : tu atterris un peu lourdement sur le dos, tu tires sur les rênes (mors ou pas), tes jambes frottent ses flancs... Les risques sont bien plus limités à pieds.
Acheter un cheval n'est pas non plus éthique, car c'est considéré l'animal comme un bien de consommation que l'on peut acheter, vendre, posséder à loisir. Il en va de même pour la reproduction puisqu'on passe par le contrôle du corps de l'autre. Cela s'ajoute au fait qu'il s'agit d'entretenir un système basé sur l'exploitation, souvent atroce, des chevaux. J'ajouterai qu'acheter des chevaux, c'est pousser à en augmenter le nombre pour faire vivre la filière, dans un monde où les 9/10e des pensions ne respectent pas les besoins fondamentaux ou ne proposent que le minimum insuffisant pour le bien-être (le vrai, pas celui du marketing !), où les terrains se font rares et sont surexploités, où le foin de qualité manque et se trouve être de plus en plus cher, où des carrières et manèges sont arrosés alors qu'il n'y a plus d'eau... Donc offrir un nouveau foyer à un petit malheureux qui recherche une famille, c'est bien. Participer directement au système d'achat/revente qui ajoute des chevaux, ça l'est moins...
Pour conclure, c'est un peu tout ce qui me passe dans la tête et qui me fait "tenir". Après, je ne vais pas te mentir, si j'aurais adoré à une époque avoir une relation """centaure""" (à laquelle je crois peu maintenant), l'équitation ne me manque pas tant maintenant et je vis plutôt très bien avec le fait de ne pas monter. J'ai développé d'autres projets et envies qui me permettent de m'épanouir (ou pas, vu comment ça foire !

). Tous ne passent pas par les chevaux, et je trouve cela finalement plus sain comme ça, car j'ai moins d'attente envers Vainqueur et nous met donc moins de pression (ce qui aide vraiment à l'écouter et le respecter davantage).