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- les péripéties sportives d’un pssm1 -
Posté le 19/06/2023 à 11h56
De retour de complet.
Comment vous dire que dépitée est un faible mot pour exprimer ce que j’ai en moi.
La journée était pourtant plutôt bien partie.
Terrain très très chouette. Dressage qui se passe bien : 72,17 et la première place.
Le tour de saut est alambiqué. C’est plutôt un avantage pour moi. C’est un SF qui me permet donc de maintenir ma place.
Et puis plusieurs heures plus tard c’est le cross. Franchement il ne m’inquiète pas. Ce n’est pas gros ni massif. Nos difficultés sont malgré tout à partir du 3 un contre haut assez massif, 4 une stère puis 5 un trou (plutôt facile) puis 6 contre bas assez conséquent. L’enchainement de tout ça ne met pas vraiment dans le jus mais bon. Je ne suis pas très inquiete.
A la détente il est super, plutôt décontracté. Aucune hésitation sur les petits obstacles de détente. Légère hésitation sur le 1 mais comme souvent. Et là commence l’enfer, la pauvre maisonnette en n2 c’est niet. Je reviens au trot mais ça passe. Le contre haut en n3 est sauté du pas. Il s’arrête de nouveau sur la stère en 4 puis on va sur le trou où il pile mais franchit. Puis contre bas idem. On poursuit au 7. Une haie insignifiante où il s’arrête aussi. Et me voilà éliminée. Prise dans ma hargne je ne sais pas trop ce qui me prend je continue (je me ferais copieusement allumer par le jury et à juste titre. Je me suis excusée platement, mon esprit était sorti de mon corps. . .). Je reviens donc au trot, ça passe, grosse butte puis le 7B. Grosse galopade pour aller au 8 puis 9. Et la petite descente et une maison. 4 PILE !!! Je suis folle, rebelote je reviens au trot, passage dans l’eau sur le frein, puis nouvelle maison et demi-lune pour finir.
La fille qui m’accompagne en complet me dit que je ne le monte pas assez. Je ne comprends pas, le tour de Moulins était 1000 fois plus impressionnant. Et franchement je n’ai pas envie de monter comme à la guerre avec la cravache en chandelle pour aller sauter 90cm !
Je suis vraiment dépitée. Tout cet investissement temps et argent que l’on met là-dedans. Et tout ça pour CA !!! Ce n’est vraiment pas possible quoi.
Et incompréhensible. J’étais allée crosser il y a 10j à Moulins, même si les difficultés subsistaient sur les profils particuliers, aucune hésitation sur les profils sautants. Aucune hésitation non plus le vendredi soit deux jours avant sur le petit cross.
Autant dire que je mets le complet entre parenthèses, voire peut-être même un point final.
Je suis fatiguée, fatiguée d’un investissement permanent, fatiguée d’une remise en question permanente, fatiguée de toujours essayer de m’améliorer, fatiguée d’essayer de m’instruire encore et toujours, fatiguée du temps, de l’énergie et de l’argent que ça prend, fatiguée de chercher sans succès un enseignement qui me corresponde. Je suis vidée.
Dans la « vraie vie », je ne connais pas un cavalier aussi investit, aussi assidu, capable de se remettre autant en question. . . Pour quel résultat franchement ?
Je me dis que je suis nulle et me mets à douter de moi terriblement.
Mais j’ai besoin de ça, je ne peux pas être un cavalier qui progresse tranquillement chez lui, j’aime me dépasser, me donner des objectifs. Pour l’instant je mets tout en stand by, travail d’entretien parce qu’un cheval pssm c’est une vraie pression supplémentaire.
Bien sur mille questions me viennent en tête ? Est-ce trop dur pour lui physiquement ? Mais à la détente il était super, ce n’est pas la fatigue au bout de deux obstacles.
Par acquis de conscience, on en parlait une séance ostéo est prévue puis la SF.
Demain ou après-demain je me souviendrais du bonheur que cela procure, mais si on fait le ratio contraintes/bonheur on trouve la vraie définition d’une passion : dévorante