Bonjour ! Je spam ce post de fou je suis desolee.
je vous mets déjà le récit de la première journée. Il est ENORME , j’ai fait un roman je suis desolee.
Jour 1 : Des Vions au belvédère des Recrettes
samedi matin, branle bas de combat : on check les sacs, on prépare les habits, on prend une bonne douche bien appréciée et on regarde la météo. Elle n’est pas fameuse du tout mais on décide tout de même d’y aller !
Près de 3h de route mais ça vaut le détour : le paysage est magnifique entre la rocaille, la forêt de pins, l’eau et l’architecture propre à la région, un mélange Suisse et savoyard.
On se gare sur le parking des Vions au lieu dit des Taillards. Il y a un monde fou … ! Des randonneurs, des traileurs, des promeneurs. Le parking est plein à 80% et ça me déçoit. Je me dis qu’on ne sera peut être pas seuls et c’est pourtant ce que je recherchais.
Ca descend. Et bien. Et on comprend que tout ce que l’on descend il va falloir le remonter ! On arrive au Restaurant et à la passerelle qui surplombe une petite branche du Doubs.
C’est très joli. Le bruit de l’eau, la vue de la roche qui dépasse de la forêt, le soleil nous réchauffe bien (même déjà trop), c’est idéal pour démarrer.
Et ça démarre hyper fort, par un dénivelé important, environ 10% sur près de 1000m. On serpente, le passage est étroit et parfois meme abruste. Mais à travers la paroi de roche un trou m’interpelle. Alors je grimpe, cheri me suit. On doit se mettre à genoux et se coucher sur le côté pour passer mais la vue est absolument fantastique (et dangereuse) de l’autre côté.
Après quelques minutes assise au bord du précipice (oui oui !) on fait demi tour à quatre pattes et … ON GRIMPE. Encore. On peut estimer cela comme un single assez étroit, tout juste pour passer un humain ou un VTT, avec beaucoup de petits rochers et quelques racines hautes. Ce premier D+ est mortel mais la vue se mérite. On parvient à suivre le Doubs sur toute sa hauteur sur plusieurs kilomètres. Les chemins sont très étroits et les bâtons de marche sont une formidable invention que je ne regrette pour rien au monde !! Ils me permettent de garder mon équilibre précaire et de préserver un peu mes jambes. Parce que ce n’est que le début.
On parle peu. On prend peu de photos. On se concentre sur notre chemin, sur nos pas, et sur les bruits qui nous entourent (aka notre respiration).
On récupère le circuit du GR5, qui nous amène en direction des Brenets. Ça monte encore, mais c’est plus souple, c’est un chemin carrossable où l’on croise aussi bien des marcheurs que des vélos.
Il fait chaud. 25 degrés annoncés c’est beaucoup quand on n’a pas la condition physique pour se lancer la dedans.
Et puis, on longe doucement le Doubs, quelques coins d’ombres, parfois en bord d’eau où l’on pourrait marcher dedans. On perçoit un bateau de « croisière » qui se dirige vers le village. On fait une pause sur un muret pour supporter un peu nos sacs et boire quelques gorgées d’eau.
A ce moment là on espère faire une pause pipi et c’est heureux que l’on soit sur un GR, car à quelques centaines de mètres, un kiosque de tourisme avec des WC hommes et des WC femmes. Ça nous permet de faire une petite pause. Le temps se couvre très vite. Il est 15:00, un ciel gris foncé surplombe la montagne dans notre direction. On decide de s’activer. La météo annonce de la pluie vers 20:00 et la nuit tombe peu après. Et on aimerait camper à mi-chemin.
On traverse le village, le grand parking, on descend le long d’une route très fréquentée et pas très jolie. Mais elle nous amène à la DOUANE. Ça y est, on passe la première vraie étape de ce périple : nous foulons le sol Suisse. Et ça va vraiment tout changer.
Peu après la douane nous nous engageons dans un chemin à gauche, qui donne tout droit sur les marais. Ils sont secs, il y a peu d’eau et plus inquiétant encore : on voit des grenouilles mortes sèches sur le chemin. Dans les marais, il y a un groupe de marcheurs et plus avant quelques personnes couchées avec des appareils photos et des instruments de mesure.
Nous profitons d’un fin cours d’eau pour remplir les gourdes filtrantes. L’eau est claire et fraîche, elle va nous permettre de tester les filtres sans trop « prendre de risques ».
Nous quittons doucement les marais pour entrer dans des gorges … de chaque côté de nous, des falaises de plusieurs centaines de mètres de roches. Et au pied de ces falaises, un cours d’eau de rochers, vide ! A sec complètement. Et encore des grenouilles sèches… le temps m’inquiète car le vent se lève là-haut et le ciel gris qui s’étire entre les roches s’assombrit.
Le groupe de marcheurs est derrière nous. Et, juste devant, un dénivelé auquel on ne s’attendait pas ! On rit, et on se dit à plus tard, quand on sera capable d’enchaîner deux mots sans perdre haleine.
D’abord le chemin est très raide mais carrossable. Cependant la partie suivante est un sigle dans de l’herbe au pied de la montagne. Et les marcheurs soutiennent si bien notre allure que nous décidons de les laisser nous dépasser. On échange quelques mots et nous finissons par nous suivre gaiement sur tout le single très étroit qui serpente le long de la montagne dans la forêt. Nous nous retrouvons à un point de vue magnifique qui donne sur Les Brenets.
Le ciel est couvert mais légèrement plus clair et nous décidons de faire une courte pause avant de poursuivre notre ascension. Le groupe est déjà reparti depuis un moment quand nous redémarrons en direction de la Tour de Jurgensen.
Le dénivelé commence à taper et à force de regarder mes pieds pour éviter de me tendre une cheville, je me fais surprendre en levant la tête « mon! La tour !!! »
La tour est étroite et faite d’un escalier en colimaçon. La vue à 360 degrés est fabuleuse, bien qu’il y ait du vent et un ciel bien couvert. On y prend une petite collation avant de redescendre et souhaiter bonne continuation au groupe de marcheurs.
J’adore ces rencontres. Ce sont des personnes avec qui nous échangeons des mots, des souvenirs, des émotions, sur quelques minutes. Et puis on ne les reverra plus jamais de notre vie. Je trouve ça fascinant.
Il est vite 17:00 lorsque nous devons reprendre la route. On se concerte pour conclure qu’il faut qu’on campe la tente au plus tard vers 18:30 de sorte à ce que ça soit prêt avant la pluie annoncée, avant le vent et surtout avant la nuit.
On part en direction du lieu-dit du Châtelard. On doit traverser une route et remonter au milieu de quelques habitations. A ce moment là les côtes commencent à tirer dans les jambes.
Je suis surprise : le chemin indique passer littéralement dans une propriété privée. En plein milieu. Je croise le propriétaire qui m’indique le chemin et me précise que c’est dans leur jardin qu’il faut passer.
Je n’étais pas prête à ça. Mais d’accord, c’est un concept. Alors on traverse le jardin (qui grimpe un peu) et la : une côte à +10%, longue, interminable.
Cheri s’assoit sur une souche et abdique. Face à l’effort qui est demandé le mental lâche un peu. Mais moi j’ai besoin de lui. On reprend ensemble difficilement et on y passe du temps !!
Plus haut, on atterrit devant un petit bout de forêt, que l’on traverse, avant d’atteindre une jolie clairière agrémentée de vergers. Le paysage est fabuleux parce qu’il est changeant : tantôt forestier, tantôt rocailleux et montagne, tantôt campagnard…
La pluie se met doucement à tomber et nous prenons le pli d’accélérer un petit peu. Après avoir tout traversé on atterrit sur une route que l’on traverse, nous passons au milieu des maisons et de nouveau une clairière.
La route reprend et c’est dur, ça monte encore. On voit de belles vaches, ça sent bon l’ensilage. Et puis nous croisons une fermière dans sa ferme. Elle promenait sa petite chienne et nous avons discuté. Un bel échange humain encore une fois. Elle nous indique ses champs et nous souhaite bonne continuation.
Un peu plus loin dans un creux, une plaque de neige. Alors qu’il fait 25 degrés, que tout est verdoyant.
On descend puis on remonte à travers la forêt. La pluie se joint doucement à nous, délicatement. Il fait encore bon et, en sortir de forêt, on perçoit un chalet - refuge plus loin. Intrigués on s’approche et il y a une table, une zone pour du feu, des balais, des grilles à barbecue …
Ici en Suisse tout est conçu pour le randonneur, mis à disposition c’est à chacun d’en prendre soin mais en total libre accès. Alors, comme on se trouve à mi-chemin (14,8km) on décide de poser la tente pour la nuit.
Le montage est rapide et efficace. On trouve un tres joli coin en bord de falaise avec vue imprenable sur le Doubs. En 30min tout était prêt. Avec chéri on s’accorde bien. Pas d’accroc, pas de dispute. C’est très fluide et toujours très agréable de faire les choses ensemble.
Une toilette de chat et les habits pour la nuit sur le dos face à une vue pareille, dans un tel environnement, ça vaut tout l’Or du monde. Si bien que je n’ai meme pas ressenti le froid.
Et puis nous étions prêts à manger !
On s’est installé dans le petit chalet-refuge pour manger. Le bruine tombait pas mal à ce moment-là, nous étions à l’abri, avec une vue magnifique.
Mais surtout le calme. Il est alors bonnement 20:00, pas de bruit, juste nous deux, la pluie, et ce terrain de jeu géant qui nous entoure.
L’alimentation lyophilisée de chez D4 est parfaite, super bonne, facile à préparer, légère. Et les desserts … ! Une tuerie. Je n’ai pas regret, c’est délicieux. Ça nous réchauffe le moral et le cœur. Et puis on choisit d’aller dans la tente. La fatigue se fait sentir.
Je passe une nuit atroce. Faut vraiment que je l’écrive parce que c’est important. Beaucoup de choses ce sont jouées en moi cette nuit du 11 Avril. Pour vraiment poser le contexte :
[i]Notre tente est campée en bord de falaise, à l’un des points le plus haut, soit 1075m. Il y a 3 arbres qui se battent en duel autour de notre tente, ils sont très grands, très hauts. La météo annonce généreusement du vent, de la pluie en conséquence et des risques d’orages !
A cette information, j’associe l’arbre couchée à côté de notre tente, explosé à mi-hauteur du tronc … par un impacte de foudre ! Il n’en fallait pas davantage. Le vent s’est levé peu après, fort, dans un bruit de l’enfer. La pluie est tombée de façon dantesque. Bref, l’angoisse totale pour moi alors que nous sommes proches du vide. C’est sans compter sur un premier cauchemar, dans lequel l’eau du Doubs a débordé de la falaise et commençait à embarquer la tente (avec du courant, l’eau n’était pas calme, elle était brunâtre). Et dans un second cauchemar où je rêve que la tente et nous glissons au bord de la falaise les pieds dans le vide. Deux fois je me réveille en panique pour vérifier. Et ensuite je vois toutes les heures passer car « on ne sait jamais ».[/i]
Distance : 14,84 km
Temps : 4h14
Dénivelé + : 671m