Incroyable comme le sujet de début a glissé
Donc me concernant ça fait plus de 20 ans que je travail avec des jeunes de plus de 11ans (pas de limites d'âge) certains ont maintenant passé la trentaine. lol
Et je les trouve toujours aussi curieux, aussi percutants, avec de grandes capacités de respect et de critiques constructives, un vrai regard et des opinions sur les écrans (et d'autres sujets) et souvent leurs retours c'est que " leurs parents passent plus de temps qu'eux ". Ils savent et aiment cuisiner (et comme tout humain qui se respect aime bien êtres économes quand même). Ils s'intéressent aux inégalités et ont envie de contribuer d'une manière ou d'une autre à une meilleure vie. Ils vivent des vies d'ados avec leurs paires et expérimentent des trucs débiles ou dangereux mais ça c'est normal dans la construction d'un ados. Jamais aucun problème avec un parent en 28 ans de travail avec des enfants (juste une grand-mère une fois). Ils s'intéressent à pleins de sujets parlent plusieurs langues et j'en passe. Alors certes une minorité est addict à un produit (écran, drogue ou autre), je repère de plus en plus de décrochage scolaire et peut-être plus de troubles mais reste à voir ce qu'en disent des recherches sociologiques.
Pour moi, on accuse les jeunes (et leurs parents) qui ne sont que les victimes d'un capitalisme grandissant et qui essayent de se construire malgré un avenir plus qu'incertain, dans un monde anxiogène, avec des adultes qui continuent de miser tout sur des apprentissages scolaires alors que beaucoup s'épanouissent tellement bien dans d'autres domaines.
Bref pour revenir au sujet, j'adore mon métier pour tout ce qu'il m'apporte en termes de connaissances, d'ouverture d'esprit, de découvertes de cultures (sans voyager), de renouvellement constant, de rencontres riches même dans la précarité, de les voir se relever et d'avancer malgré l'adversité, de leur résilience (et de la mienne face à un management toxique), du travail en équipe malgré quelques boulets. Les horaires sont parfois intenses donc j'aimerais bien ne plus travailler le matin mais salaire oblige (précaire lui aussi) et organisation professionnelle aussi
Impossible pour moi de rester sans travailler malgré un engagement bénévoles (j'ai fait une dépression et pris plus de 30 kg pendant mon congé parental). J'appréhende déjà la retraite même si je sais que mon corps commence à souffrir à cause de mon métier entre autre et un burn-out il y a 2 ans. Mais ça va, il me reste un peu de marge et peut-être que d'ici là le concept aura disparu.
Donc c'est clairement un métier passion que je n'ai pas choisi à la base et pour lequel j'ai mis du temps à comprendre que je n'étais pas là par hasard.
Comme beaucoup, c'est le sens de mon métier qui me porte, le renouvellement constant, le contre pouvoir même infime dans ce monde qui repart en guerre, en haine et en augmentation des inégalités. Je lutte à ma façon pour plus d'équité, de respect, et de tolérance.
Je suis éducatrice populaire et tant que je le pourrai, j'aurai à c?ur d'?uvrer en faveur du pouvoir d'agir des populations les plus précaires, les plus stigmatisées, les plus discriminées, les plus répressées et j'en passe (mais il est tard et je suis fatiguée donc je reviendrai plus tard corriger mon orthographe et le reste).
Bonne nuit