La méthode clinton anderson

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Kenova

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La méthode clinton anderson
Posté le 09/01/2019 à 23h33

Je sais que certains d'entre vous (en particulier qui ont vécu en Amérique) connaissent ce cow-boy australien, mais en France il est relativement inconnu et ses livres/DVD n'ont pas été traduits.
Mon mari et moi l'avons découvert en fouillant Youtube pour trouver des trucs intelligent sur l'éducation d'un poulain. Au début, on était morts de rire et on s'est demandé ce qu'il prenait, et puis au fur et à mesure je dois dire qu'on a fini par bien accrocher et respecter son approche très directe.
Evidemment comme pour tout il y a des choses sur lesquelles on n'accroche pas (débourrer à 2 ans, raser les vibrisses, pour commencer), mais je me suis dit que ça pourrait vous intéresser.
J'ai son livre Clinton Anderson's Downunder Horsemanship et je me propose de vous résumer et traduire ça en parties.
Vous pouvez trouver des videos sur Youtube dans une série où il vient à l'aide de propriétaires de chevaux dépassés par leurs broncos. Alors c'est pas dans la dentelle, je vous le dis tout de suite, si vous comprenez l'anglais vous allez sûrement mourir de rire deux ou trois fois par vidéo parce qu'il a un franc parler assez drôle ("I want your horse to think I'm on crack!" "You can't ride a horse if you're dead.") mais c'est souvent plein de bon sens.

Vous excuserez la traduction à l'arrache, c'est pour vous donner une idée. Pour des raisons également de copyright, c'est reformulé et résumé, sans les illustrations.

C'est parti :



Chap.1 : Comprendre la psychologie du cheval

-Le cheval est une proie, face à un danger il commence par courir, si ce n'est pas possible il se bat. Quand il veut examiner un objet, il utilise une combinaison d'approche/retraite jusqu'à ce qu'il soit assez à l'aise pour atteindre l'objet.
L'homme est un prédateur et a une approche directe.

- Le cerveau du cheval est divisé en deux parties : une pour réfléchir, une pour réagir. De base, la partie réaction ("Cours !!") est beaucoup plus développée que la partie réflexion: le but pour nous est de changer cette proportion, tout en gardant à l'esprit que la partie "réaction" ne va jamais totalement disparaître.

- Le cerveau a aussi deux côtés, droit et gauche, et chaque cheval doit être considéré comme un cheval différent selon le côté. Tout exercice, désensibilisation etc doit être faite des deux côtés, et abordé comme s'il s'agissait d'un cheval "neuf" de chaque côté.

- Il faut être équilibré dans son approche ("dressage"): ni supplier le cheval et le gaver de friandise, ni lui rentrer dedans comme un bourrin. Idéalement, il faudrait toujours être dans un juste milieu parfait entre les deux, mais ce n'est pas toujours possible et il y a des débordements qui doivent entraîner des conséquences : si le cheval se montre irrespectueux, on avance vers plus de fermeté jusqu'à ce que le cheval soit à nouveau concentré et au travail. On adapte l'attitude aux réactions du cheval.

- Le cheval a 4 désirs de base : sécurité, confort, nourriture et stimulation, dans l'ordre. Une fois que ces 4 éléments sont réunis, on peut commencer le dressage. Le cheval apprend à travers le confort et l'inconfort, il faut donc que la bonne réponse à un exercice demandé procure du confort, et inversement. Si le cheval refuse d'essayer de répondre à une commande, commencer par un léger inconfort et accentuer la pression jusqu'à ce qu'il fasse un effort, et récompenser.


Chap 2 :La valeur du respect

- Un cheval respectueux est un cheval volontaire, il répond instantanément aux commandes et apprécie la compagnie de son humain. On veut tous que notre cheval nous aime, et on ne veut pas le contrarier, mais si le cheval ne vous voit pas comme son leader, il ne va pas vous faire confiance. L'amitié sans le respect est dangereuse.

- Si vous ne gagnez pas le respect du cheval, vous perdrez votre temps à essayer de lui apprendre des choses. Pour gagner son respect, il suffit de contrôler ses pieds: en avant, en arrière, à droite, à gauche, et de toujours récompenser même la plus petite tentative de coopération. Vous devez être la jument dominante qui vient manger son foin et fait éparpiller le troupeau dans tous les sens juste en mettant ses oreilles en arrière.

- Le cheval veut un leader, si vous ne prenez pas cette place il le fera et prendra le contrôle. Ce n'est pas pour autant une raison pour être brutal, on cherche du respect, pas de la peur. Vous devez prouver à votre cheval que vous êtes digne et capable d'être le leader. L'idée de créer de l'inconfort pour votre cheval peut vous mettre mal à l'aise, mais votre manque de leadership va créer de l'inconfort pour votre cheval.

- Les réactions du cheval seront légèrement différentes tous les jours. Certains jours, il sera sur l'oeil et prêt à bondir en l'air, un autre jour il trainera les sabots. En fonction, vous ferez les choses différemment : si votre cheval est irrespectueux ce jour-la, passez autant de temps que nécessaire à travailler au sol pour qu'il soit attentif et respectueux, puis continuez en selle. Les chevaux ont des personnalités différentes, certains vont vous tester tous les jours, d'autres non.

- Les chevaux sont d'excellent dresseurs d'humain. On passe beaucoup de temps à se trouver des excuses du genre "je ne peux pas t'accompagner en balade, mon cheval n'aime pas les chevaux inconnus". La réalité, c'est que le cheval a pris le pli de profiter et c'est à vous de décider que ça suffit, et que vous allez faire en sorte, étape par étape, que ça change, en restant constant.

- Les chevaux apprennent rapidement si on fait en sorte que la bonne réponse soit facile et la mauvaise réponse inconfortable. Soyez très clair dans vos réactions : noir ou blanc, pas de zone grise, sous peine de créer de la confusion. Un apprentissage inconsistant et peu clair ne fera que l'embrouiller. Attention à ne pas répéter un ordre dix fois en laissant le cheval vous ignorer, ou à vous arrêter au mauvais moment.

- Plus vous serez clairs dans vos "oui" et "non" et plus le cheval apprendra vite : appliquez vous à faire une grosse différence entre "C'est ça, super !" et "NON, bouge !". Si le cheval ne répond pas correctement à une demande, votre réaction doit être immédiate que ce soit en confort ou inconfort, en particulier quand il s'agit de comportement à risque (cheval mordeur).

- Les chevaux communiquent principalement à travers le langage corporel. Quand vous travaillez avec votre cheval, soyez attentif à votre propre langage non verbal et soyez capable de changer très vite de "ton".

- Il peut être difficile de passer d'une posture "passive" quand le cheval travaille correctement à "affirmée" quand le cheval n'écoute pas. Attention de ne pas tomber dans les extrêmes des deux côtés. Apprenez à ajuster votre langage corporel avec finesse. En marchant de façon "agressive" vers un cheval, vous communiquez "Dégage de mon espace !". Quand le cheval obéit, relaxez vous immédiatement.

- La résistance du cheval à l'apprentissage est normale et souvent liée à son désir de sécurité et de confort. Imaginons une cible de tir divisée en trois zones : le centre est la zone de confort du cheval, le cercle suivant la zone "danger potentiel" et le troisième cercle "zone de danger mortel" où le cheval panique. Notre but est que le cheval étende sa zone de confort, mais confronté à la nouveauté (objet nouveau...), il faut s'attendre à une résistance.

- Chaque fois que vous sortez le cheval de sa zone de confort, laissez le réfléchir avant de le laisser retourner dans sa "zone de sécurité". Si vous laissez le cheval y retourner avant qu'il ait fait un pas dans le bon sens, vous lui apprenez l'inverse de ce que vous voulez et vous finirez par avoir un cheval qui fait une crise cardiaque à chaque pet de lapin. Chaque fois que vous commencez un nouvel exercice, établissez un point de départ qui sera l'étape la plus simple possible pour commencer l'apprentissage. Attention à ne pas viser trop haut sur ce point de départ. Analysez bien votre cheval pour déterminer quel est le meilleur point de départ pour lui. Soyez patient, rappelez vous que la résistance est normale et qu'il est inutile de s'énerver. Récompensez dès qu'il essaie.

- Attention à ne pas pousser votre cheval dans la zone "danger mortel", où il sera trop paniqué pour réfléchir et vous mettra en danger. L'expérience vous apprendra à moduler correctement vos demandes.

- Vous avez des responsabilités : faire des demandes claires et sans nuance, et votre cheval a des responsabilités : vous respecter. Il n'est pas censé tout faire correctement mais il doit essayer de trouver la bonne réponse. Un cheval irrespectueux n'essaiera pas.


Voilà, vous aurez compris que c'est l'introduction pour donner des bases, dans la lignée des autres gars de "horsemanship"

A suivre !

Expar

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Posté le 18/09/2019 à 17h42

kenova

Cet été, du coup, j'ai regardé pas mal de vidéos de C. Anderson, et surtout la série où il nous fait découvrir la vie dans le bush, au milieu de nul part, pour aider un gars à attraper et dresser un cheval sauvage, qui lui posait des problèmes.

Ensuite, les vidéos qu'il met, ce sont souvent des gens dépassés par leur cheval. Donc des fois, il se retrouve avec des chevaux qui ont pris l'ascendant, voire franchement agressif à reprendre "rapidement" et ce n'est pas une mince affaire.
Le plus souvent avec des gens à recadrer dans leur façon d'être et de faire.

Je me souviens d'un couple qui avait un cheval qui ne se laissait pas attraper. Pour la mise de licol, ça a juste été une explication de comment aborder le cheval correctement. Parce que le loulou quand C. Anderson lui a mis le licol la 1ère fois, il n'a pas bougé un poil et n'avait pas été "travaillé" auparavant non plus. Et lui, a montré aux 1er concernés, comment ils abordaient le cheval qui a répondu de la même manière qu'avec eux : "sauve qui peut !" .

Comme beaucoup de ces méthodes, ce sont des choses de "bon sens" et qui aident les gens qui se retrouvent un peu seul avec leur cheval, peu importe la raison. Et oui, il dit clairement les choses, d'autant plus, qu'il est aussi confronté à la situation où le cheval doit être sécurisant dans tous les sens du terme.

Perso, il y a des choses qui me déplaisent, mais que je peux comprendre, pour avoir été dans les Rocheuses. Si un cavalier tombe et se blesse, pas sûr qu'il soit secouru rapidement, donc il faut absolument évite le cheval qui fait l'andouille pour x raison et qui augmenterait d'autant plus le risque d'accident. Et lui, c'est comme ça qu'il veut les chevaux, très sécuritaires et sans discussion possible.

Couagga

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Posté le 18/09/2019 à 17h53


kenova a écrit le 18/09/2019 à 17h32:


Sur ce coup là je crois qu'on avait vraiment besoin qu'on nous insuffle une bonne dose de bon sens paysan plutôt que de subtilité !


Mais les deux ne sont pas incompatibles


Les principes que tu as évoqués dans ton message précédent correspondent à ce que j'ai appris. C'est dans l'application que je note des différences. Et là où je diverge plus c'est lorsque ça part dans les interprétations comportementales. (ce que j'évoquais en début du post).

Par exemple, un cheval ne cherche pas à nous tuer. Mais ces réactions, du fait de son poids, sa taille et sa fulgurance, mettent nos vies en jeu. Pour moi, la façon dont on énonce les choses a une grande importance, justement parce qu'elle impacte la perception qu'on a de l'animal et aussi notre façon d'agir envers lui. Il n'a donc pas un comportement agressif (où très exceptionnellement) mais un comportement défensif. Ce qui doit nous conduire à être prudent, ferme, clair, juste, savoir où nous nous engageons lorsque nous nous engageons, pour notre sécurité. Mais ne pas être nous-même en guerre contre un ennemi qui menace notre vie intentionnellement, car ce n'est pas le cas. Je ne sais pas si je suis claire dans la nuance que je tente d'exprimer

je crois comprendre que toi-même déjà tu as fais un tri dans cette méthode, en prenant ce qui t'est utile, en rejetant ce qui te semble excessif. Et je crois que les retours plutôt à tendance négatives devraient te conforter dans ton esprit critique et le recul que tu as déjà, afin de rester vigilante
Ne pas voir cela comme un rejet épidermique et des critiques aveugles, mais le meême esprit critique et le même recul que toi avec des degrés différents

Kenova

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Posté le 19/09/2019 à 20h14

couagga c'est vrai que c'est très anthropomorphique ce que j'ai écrit, ce sont juste des chevaux qui passent vite en phase 4 avec les humains au final
J'aimerais des fois pouvoir leur expliquer à quel point on est fragile avec nos os de poulet !
Mais oui on aime bien regarder partout, c'est ça aussi qui est chouette avec les chevaux c'est que tu n'en finis jamais d'apprendre

Et eux non plus faut croire, ma ponette a définitivement compris comment virer le panier greenguard supposé inviolable en 5mn. Comme dirait Clinton Anderson, "j'aime bien les chevaux stupides, c'est reposant"
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