Je me permet de répondre, mais en avertissant que j'ai eu la flemme de lire les 7 pages précédentes...
Mon père a été infirmier urgentiste pendant 20 ans, avant de finir en psychiatrie (en tant que personnel soignant hein^^

), et a donc largement put me faire "visiter" les urgences de l'intérieur.
En ce qui concerne les temps d'attente, contre lesquels tout le monde râle tout le temps... Une cheville en vrac, aussi douloureuse soit elle, n'est pas une urgence vitale, encore moins si la personne est consciente, et qui plus est désagréable (si vous êtes dans les vaps, vous n'avez pas la force ni la conscience suffisante pour l'être). Même si on a l'impression qu'il n'y a personne avant nous dans la salle d'attente, on ignore combien de personnel est réellement présent ce jour là aux urgences (eh oui, c'est variable), sur quels types d'urgence ils sont déjà en train de bosser, et on ne voit pas forcément arriver toutes les grosses urgences vitales nécessitant de faire attendre l'entorse...
Cette question, concernant le temps d'attente, je la lui ai posé après que j'ai eu le droit d'attendre plus de 5h dans le hall bondé des urgences avec mon frère sur un civière recouvert de sang de la tête au pied. J'entendais autour de moi des commentaires ultra désobligeants des autres patients, qui en voyant son état trouvaient juste scandaleux qu'il ne fasse pas partie des priorités du personnel. Sauf que toutes les plaies n'étaient que superficiel, avaient toutes eu une première inspection de la part du médecin des pompiers, et son état comateux venait plus d'une cuite abusive qu'autre chose... je le savais également, et même si ça me réjouissait moyen de le voir trainer dans cet état, ben j'avais pas le choix : on leur avait emmené en simultané plusieurs victimes d'un gros carambolage, dont pour le coup le pronostic vital était sérieusement engagé (info obtenu ultérieurement, je l'ignorais à ce moment, mais savais que l'attente n'avait rien de volontaire). A la place de la famille des victimes, qu'aurais je préféré ? Qu'on s'occupe des premiers arrivés, où du membre de ma famille en train de mourir ?
Sur la question de l'amabilité du personnel, là... Sa seule réponse a été qu'ils étaient humains, que certains étaient réputés pour l'avoir oublié, que d'autres variaient en fonction de leur état de fatigue (ceux là sont plus agréables les premières heures de leur garde, et commence à avoir du mal à sourire au bout de 12, 18, 24h...), que d'autres encore savaient toujours garder le sourire, etc. Et que l'amabilité n'allait pas de paire avec la compétence ou l'incompétence.
L'auteure du post n'a pas eu de bol, c'est tout... Mais de là à en faire une généralité, bof quoi...
Et concernant les examens qui nous semblent parfois bien légers et minimes...
Il y a 4 ans, j'ai retenu en main un cheval que je n'aurais jamais du retenir. Bilan : un aller retour aux urgences avec une épaule en vrac, qui avait fait un joli CRAC un milli seconde avant que je ne lâche sous l'effet de la douleur. Je ne levais plus mon bras moi même, etc. L'interne de garde m'a fait faire une radio, et rien. Je suis repartie avec une ordonnance pour de l'aspirine, une attelle pour faire jolie, et un "ne vous inquiétez pas, c'est une simple contusion, dans 5 jours, ce sera passé, sinon, allez consulter."
3 jours après, j'allais chez ma généraliste, qui m'envoyait passer une écho suivie d'une IRM. résultat : tendinite+++, déchirure musculaire en double, arrachement ligamentaire, et quelques bouts de cartilages ayant décidé de jouer les filles de l'air et se baladant tranquillement dans mon articulation. J'en ai eu pour plus d'un an, et encore aujourd'hui, faut pas forcer dessus...
Là, forcément, je repose la question à mon père concernant "l'incompétence de l'interne", qui semblait juste certaine à mes yeux.
Ce sont les directives : examen minime, de contrôle, pour enlever les causes les plus graves et les plus évidentes. On ne poursuit pas les investigations si l'état vital du patient ne le justifie pas, car ça couterait trop cher et en budget pour le matériel, et en budget pour le temps du personnel. Et puis, vu toutes les personnes venant aux urgences pour un bleu, qui n'est réellement qu'un bleu, comment peut on réellement leur en vouloir de ne pas prendre tous les bobos comme des blessures graves et handicapantes ?
Mon interne n'avait finalement fait que suivre les directives, parce qu'il n'avait pas le choix.
A contrario, enceinte de 5 mois, je me suis précipitée aux urgences à 2h du matin, complètement flippée, pour du sang en m'essuyant après être allée aux toilettes. L'urgence vital n'était pas pour la mère, mais pour l'enfant, mais sang au cours de la grossesse = urgence vital, j'ai grillé tout le monde dans la salle d'attente (certains ne comprenant pas, car j'étais debout et on ne peut plus consciente, et vive les commentaires entendus...), et ai été prise sitôt mon arrivée, avec une batterie d'examen impressionnant. Au final, fausse alerte. Mais ça, difficile de le savoir avant de consulter, et quand ta dernière grossesse s'est soldée par une fausse couche ayant débuté de cette façon... Ils ne plaisantent pas avec ça.
Pour en revenir à mon père, il y a aussi à prendre en compte ce que l'équipe de soignant voit tous les jours niveau patients, certains d'entre eux se prenant non plus pour des patients, mais pour des clients, la carte vitale devenant à leurs yeux aussi précieuse qu'une carte bancaire créditée de XXXXXXXXXX euros.
Pour imager le truc, une histoire toute simple, mais non moins réelle, lui étant arrivé durant l'une de ses gardes de jour :
le matin, ils voient arriver un type, le bras en sang, gouttant littéralement sur le sol, l'os à nu juste au dessous de l'épaule. Ils se précipitent sur lui, commencent les premiers soins en même temps qu'ils l'interrogent, et se retrouvent juste "sur le cul" devant les réponses :
- comment vous êtes vous fait ça ?
- accident de tronçonneuse
- qui vous a emmené ?
- je suis venue avec ma voiture
- mais... pourquoi ne pas avoir appelé les pompiers ?
- je ne voulais pas déranger, ils ont certainement plus important à faire.
Bon, ils l'ont enguirlandés pour l'exemple, ont sauvés son bras, mais ce type les a bien marqué, d'autant qu'il a passé toute la période de soin à s'excuser de les déranger "pour si peu".
L'après midi
du même jour, un autre gus arrive. Lui, conduit par les pompiers qu'il avait appelé car il souffrait trop. Pour un ongle incarné...
A ce moment, il n'y avait personne dans la salle d'attente, mais il faut savoir que les pompiers et les urgentistes sont souvent potes, à force de se voir tous les jours ou presque, et ils communiquent pas mal entre eux. Et les pompiers ont rapportés aux infirmiers que le type avait été imbuvable, à les prendre de haut, les traiter comme des servants voir pire, pour un malheureux ongle incarné... Et les infirmiers, eux (qui avaient pu tester l'impolitesse grotesque du personnage), avaient encore en tête le type venu par ses propres moyens avec un bras en moins le matin même.
L'ongle incarné a attendu 2 heures en salle d'attente, sans personne avant lui.
Alors ok, c'est pas déontologique, c'est pas professionnel, et tout ce que l'on voudra, mais perso... je comprends... Le respect va dans les deux sens. Et ça, y'en a de plus en plus qui l'oublie. (je précise que ce n'est pas contre l'auteure du post

)