Je n’ai pas trouvé de topic correspondant sur les randonneurs-euses à pied ou meme sur le trek.
Aller, je vous fais un copier-coller de mon carnet de trek
JEUDI 02 Avril 2026
[i]Ça y est, c’est le moment. On est Jeudi 2 Avril. L’après midi est déjà bien entamé qu’il faut vider les sacs de courses et étaler toutes nos affaires ainsi que nos habits. Cette technique, aussi utilisée pour les trails, les marathons (bref, ce qui demande un peu de matériel) permet de visualiser ce qu’on a et surtout ce qu’il nous manque. Faire l’inventaire avant d’empacter.
Sacs remplis et sous pesés, habits mis, chaussures aux pieds, on fait les dernières vérifications, on remplit chacun nos gourdes (1,5L/personne + une gourde filtrante 1L/personne), une caresse au chien et nous voilà partis de la maison pour quelques kilomètres !
Le départ se passe bien, le soleil est encore bien présent, il chauffe peu mais il est éblouissant. Chaussures neuves aux pieds, un sac d’environ 8/9kg pour moi sur le dos, je dois me faire à mes nouvelles sensations. Je suis excitée comme une enfant à Noël, je souris, je suis heureuse de partager cela avec l’homme que j’aime. Mais alors, cette sensation de lourdeur ! On avance à un rythme tranquille, je regarde le paysage que je connais déjà.
Je réalise rapidement que mes chaussures sont neuves, le pied droit me fait mal et des ampoules s’annoncent. Mais cette sortie est faite pour ça : on test et on pratique le matériel. Entre deux éoliennes j’apprends à me servir d’une carte IGN, d’une boussole et à lire des indications GPS (et à les « retranscrire » sur la carte!).
On fait un petit tour de 6,1km, dans le cailloux et avec un peu de dénivelé. Le chemin est agreable et connu, mais on doit s’activer parce qu’on aimerait monter la tente à la lueur du jour. Comme on ne la connaît pas, meme si c’est dans le jardin, on préfère ne pas s’ajouter de difficulté supplémentaire inutile.
On pose les sacs à l’arrivée et rapidement on ouvre la tente. Elle n’est pas bien difficile à monter, plutôt pratique et spacieuse. Ses espaces de rangements sont agréables pour garder les affaires à l’abris sans prendre de place dans l’espace « dortoir ». On s’organise bien mais la nuit tombe rapidement. La lune est ronde, grosse et rose orangée. On termine l’installation à la frontale. Les matelas, oreillers et sacs de couchage.
Ma partie préférée, c’est le petit feu de camp. On est dans le jardin, on a du petit bois, on profite de ce luxe et de cette possibilité que nous n’aurons plus au milieu d’un vrai trek, en pleine nature.
Cette courte expérience me fait prendre conscience, assise au chaud au bord des flammes, que c’est l’expérience en elle même et notre état d’esprit qui créent l’évasion. Nul besoin d’aller à des centaines de kilomètres pour le ressentir et le vivre, avoir ce sentiment de plénitude et de calme.
Le moment d’aller dans la tente arrive. Il fait froid et on decide de ne pas se changer pour la nuit. On retire juste une épaisseur pour aller dans le sac de couchage. Qui est super agréable. On se sent bien, on commande les derniers petits oublis, on fait le bilan ensemble de la « première journée ». Et on se souhaite une bonne nuit.
Pleine lune oblige, le sommeil est déjà mitigé. Mais je m’endors sans aucun problème. L’homme me réveille pour m’annoncer que j’ai mal fermé la tente. Zut! Mais je me rendors aussitôt. Réveillée et levée une vraie première fois à 5:00. Le réveil sonne à 6:45 pour le levé du soleil : il n’y en n’a pas ! C’est du brouillard bien épais et humide sous 3 degrés qui nous tombe dessus.
On se fait rapidement un petit debrief de notre première nuit « test » et c’est très positif. Par contre on a froid. On remballe rapidement et comme on est près de la maison on s’autorise un café cafetière. La tente est mouillée alors on choisit de ne la démonter et l’étendre que l’après midi. En attendant, je refais mon sac et je choisis de repartir pour le meme tour de 6,1km. Mais seule : Monsieur n’a pas la possibilité de me suivre.
J’ai le moral, un mental équilibré, je ne me sens pas particulièrement fatiguée et je suis heureuse. Les vraies premières douleurs arrivent vite : les points d’appui du sac sur mes hanches et l’ampoule en cours de formation au talon droit. La suite d’hier, en moins fun.
Seule face à moi-même et dans le plus profond des calmes, je prends conscience que j’aime cela : être seule. A mon rythme. Au rythme de la météo, du dénivelé et du type de sol. Pas après pas j’avance, j’observe. Les éoliennes ont la tête dans les nuages et elles ne tournent pas toutes et celles en action sont très lentes.
Une fausse éclaircie me pousse à faire une photo. Le soleil m’a fait faut bon, il n’apparaîtra finalement pas. Et puis j’avance, je prends des photos, j’écoute la nature et je donne des nouvelles à Monsieur pendant que j’avance pour qu’il ne s’inquiète pas. Quelle quiétude malgré la charge du sac, la douleur de l’ampoule et l’appui sur les hanches …
Je prends meme le temps de m’amuser pour faire des photos. Je veux des souvenirs, des le départ, parce que ce sont ces deux journées qui feront de la suite ce qu’elle sera. Alors c’est important pour moi d’immortaliser.
Sauf que bien entendu en m’amusant, la tête dans les nuages et le nez dans le téléphone, je plante mes deux pieds dans la seule flaque de boue qui existe ! L’unique, et de bon cœur !! Je ris, je me regarde, je me dis que je suis un sombre boulet et que maintenant faut s’activer.
Retour à la maison, ça se passe bien mais premier réflexe : je me déshabille totalement. Et je fais tourner une machine à laver. Essentiel et important. Je n’ai même pas froid, j’avais besoin d’enlever les 8 couches qui m’enveloppaient.
Je suis très fière de moi, de nous. Et hyper satisfaite de nous être lancé ! L’essai m’a motivée pour la suite. Je veux qu’on vive cette aventure. Seul ou ensemble. Parce que c’est exactement cela que j’aime profondément : vivre l’essentiel, au rythme naturel.[/i]
J’ai volontairement pas mis les photos
Si j’ouvre à l’occasion un topic, il y en aura probablement du coup.