Alors l'habituation doit être extrêmement forte et indélébile... Voilà 7 mois que mes juments sont en stabulation avec accès au pré 24h/24. Voilà 7 mois que dès qu'il pleut quelques gouttes, ces dames rentrent et ne posent plus un sabot dehors, même s'il pleut 48h de suite, même quand je ne suis pas là (aucune trace dans la terre) et qu'il n'y a donc aucun phénomène de conditionnement à la ration...
Et je ne pense pas que tous les chevaux soient heureux dehors quelque soit le temps. Certains n'iront jamais dans leur abri, ce sont des "durs à cuire". D'autres, comme les miennes, sont des chochottes et détestent être mouillés. Certains développent des gales de boue très facilement, d'autres des stéréotypies car ils ne supportent pas l'enfermement.
A mon avis, lorsque c'est possible, le mieux est de leur laisser le choix de bouger ou non et donc d'avoir une stabulation en petits groupes stables séparés selon leur régime (caricaturalement : les maigrichons et les rondelets) avec des espaces assez grands pour éviter de stresser les dominés. Mais ça, c'est un idéal, et si on ne peut pas l'avoir, on fait avec ce que l'on trouve, en pondérant des critères géographies, topologiques, de conditions de garde et de soins.
Et enfin, toutes les écuries ne sont pas pareilles. La taille du box, les séparations (pleines, barreaux ou permettant les contacts sociaux), la luminosité, l'animation (trop, trop peu), le voisinage sont également des facteurs de bien-être. La sortie quotidienne plusieurs heures en liberté reste bien sûr indispensable.
Tant mieux si dans certaines régions, vos chevaux peuvent rester dehors tout au long de l'année. Mais dans certains propos (je ne vise personne), il me semble aussi que les assertions telles que "mon cheval est heureux parce qu'il est au pré H24 et qu'il a des potes" ou "qu'il doit avoir une vie au naturel comme s'il était sauvage" servent à cacher (inconsciemment peut-être) des pensées plus dérangeantes, par exemple au niveau des soins ou de l'intégration du cheval au troupeau.
xinou a écrit le 24/11/2015 à 15h37:
Un cheval n'aime pas le box : il y est habitué.

Pareil, le cheval qui attend devant la porte du pré "por rentrer au box" alors qu'il sait très bien qu'il y aura sa ration... on est en droit de se demander si c'est le box ou la ration qui l'attire le plus
EDIT : sand_sand : "habitué" plus que "conditionné... mais l'idée est la même